jeudi 19 décembre 2013

Le flot de mes pensées

 

Couplet 1 (Femme)

Je n'sais pas parler

De mes envies Je suis bloquée

Les mots restent coincés

Dans le flot de mes pensées

 

Des mots de rien du tout

Les mêmes mots que chez vous

Mais les miens (me) rendent fou

Ils m'enferment à double tour

 

Ca me martèle la tête

Ca tourne en boucle ça se répète

Me cloue au sol, me cloue le bec

Je coule toute seule le coeur à sec

 

Mais je n'veux pas sombrer

Alors j'écris ce qui es(t) tu

Car je ne peux sonner

Que lorsque je suis lue

 

Couplet 2 (Homme)

Quand tu surfes sur le vague

Tu parais lisse à la surface

Moi je veux que tu t'lâches

Allez! Largue les amarres

 

Que la houle s'affole!

Que la vague t'emporte!

Ne ferme pas la porte

Moi je vois bien que tu débordes

 

Que sur tes joues roulent

Des larmes lourdes

Amères. Tu es la femme à la mer

La femme à l'envers

 

Tu es forte mais tu es faible

Tu veux tout et son contraire

Tu te débats contre toi-même

Et tu te noies au premier ver

 

 

COuplet 3 (Femme)

Quand tu m'parles tu m'plais

Apprends-moi à m'exprimer

Laisse pas mon silence s'étaler

Dénoue le flot de mes pensées

 

Je me heurte à mes barrières

Je tangue un peu mais je redresse

Je n'veux plus me taire

J'ouvre les yeux j'ouvre les lèvres

 

Ecoute-moi et raconte-toi

Inventons une histoire

Commune. Comme une bande dessinée

Un manga animé

 

Invite-moi dans ta bulle

Attise mes murmures

Je n'suis plus sûre vraiment

D'avoir jamais aimé avant

 

 

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lundi 29 avril 2013

Aude au violoncelle

Aude est violoncelliste à l'orchestre de Paris. Mais Aude ne sait plus ni qui elle est ni ce qu'elle fait là. En fait, ce qu'Aude a toujours voulu ce n'est pas jouer du violoncelle. 

Aude aurait voulu être un violoncelle. Depuis toujours. Elle aurait voulu être un violoncelle pour qu'enfin il pose ses doigts sur elle.

Alors il aurait travaillé sur elle sans relâche des heures et des années, en allant toujours plus loin, pour se l'approprier, pour la faire vibrer, il aurait recommencé sans cesse avec acharnement jusqu'à trouver le son juste. 

Elle aurait voulu que ça bloque parfois mais qu'il insiste et chasse les doutes, elle aurait voulu qu'il fasse céder les retenues, qu'il trouve le doigté adapté, qu'il la travaille au corps et puis s'arrête, pour savourer les progrès partagés. Elle aurait voulu qu'il la serre entre ses jambes, qu'il glisse les doigts sous sa manche. Alors elle aurait pu poser la tête dans le creux de son cou, dans le secret de sa nuque et elle aurait pu entendre ses inspirations, ses soupirs et ses élans.

Elle aurait voulu être sur scène avec lui, trembler contre lui en pleine lumière, sentir ses mains moites et son coeur qui bat. Elle aurait voulu qu'il l'accorde, qu'il chante avec elle et que dans certains instants de grâce il se laisse absolument allé, porté par la musique. 

Il aurait bien pu bien y avoir autour de lui tous les instruments de l'orchestre, il n'y aurait eu qu'elle (lovée )entre ses cuisses.

 

Posté par GeraldineBlanc à 19:51 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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mercredi 24 avril 2013

Instants croqués: la boîte à musique

Cet homme que je croise chaque matin dans sa librairie je voudrais l'extraire, abattre les murs et voir ce qu'il y a derrière.

Qui est-il?

Je ne peux pas l'imaginer ailleurs que dans ce décor en papier carton, ailleurs que devant cette petite table et ces petites chaises, ces affiches aux couleurs éclatantes. Le seul endroit où je l'ai jamais vu. Je ne peux l'imaginer ailleurs que devant tous ces gens, souriant aimablement, murmurant des attentions touchantes. Quelle est sa vie ailleurs? Est-ce qu'il vit seul? 

Je ne peux raisonnablement pas l'imaginer au supermarché ou à la banque. Je ne peux lui associer ni une voiture ni une maison, ni un trajet dans ma réalité. J'essaie pourtant, je lui invente une histoire, des plaisirs, des amis. Je me demande quel genre de musique il peut écouter? Comment est-il quand il parle tout bas, de quelle manière pose-t-il ses doigts autour d'un verre lorsqu'il boit. Est-ce qu'il boit d'ailleurs? Et qu'est-ce qu'il boit? De quoi a-t-il soif? Aime-t-il, rêve-t-il? Je l'imagine tant que je ne l'imagine plus. Je le perds de vue. 

Je n'emporte avec moi qu'une image.

Alors je retourne à cette librairie comme j'ouvrirai une boîte à musique. Ce même homme, à cette même place. Il m'intrigue tant que j'ouvre plusieurs fois par jour le couvercle pour entendre sa petite musique. Il est toujours là, il me regarde. Il me sourit dans un rituel immuable et telle une petite ballerine, je tourne autour de lui.

Oui mais que vais-je faire de tous ces livres? 

 

Posté par GeraldineBlanc à 22:34 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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