mercredi 17 juillet 2013

Parution en ligne de mon premier roman: "Je bois de l'eau et je suis saoule" à télécharger chez Bookstory

Ca y est, mon premier roman "Je bois de l'eau et je suis saoule" a été mis en ligne sur le site de Bookstory...

Il est temps de se jeter à l'eau et de se laisser lire maintenant... Alors je commence les présentations:
C'est un roman court (une centaine de pages) qui parle d'amour et d'adolescence. Ça parle de deuil, ça parle d'absence, ça parle de peur et de silence. Ça parle de musique un peu, d'alcool et de cannabis aussi, ça parle d'enfance beaucoup, des liens sensibles et indéfectibles que l'on tisse à 16 ans et qui nous accompagnent toute la vie. 

Ce roman n'est pas une histoire.

L'histoire qu'il conte ne compte pas, elle est juste prétexte à l'écriture. Elle est comme trop d'histoires, elle en devient banale. 

Ce roman est un instantané, une succession de photographies du mouvement de nos pensees. Il s'attarde sur ce flux continu qui tourne en boucle dans nos têtes jusqu'au vertige. Il croque l'émotion de l'instant, le trop plein, le pas assez, il cherche à mettre en mots la relation à l'autre, le désir dévorant et la difficulté de se dire, il tourne sur lui-même comme on ressasse les mêmes réflexions, jusqu'à les assimiler, jusqu'à les user, jusqu'à s'en dépouiller. 

 

Vous pouvez le téléchargez sur le site de Bookstory, par ici: http://www.bookstory.fr/livres/je-bois-de-leau-et-je-suis-saoule

Il faut remplir un questionnaire pour s'inscrire. Le prix du téléchargement est progressif: les 10 premiers téléchargements sont gratuits et puis ça passe à 2 euros. Plus il y a de téléchargements, plus le prix monte, jusqu'à atteindre 6 euros. 

Bon eh bien... bonne lecture à vous... et merci de vous jeter à l'eau avec moi :) ... A la vôtre! 

 

Couverture V1

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vendredi 19 avril 2013

Mon premier Douglas Kennedy

"La poursuite du bonheur" est mon premier Douglas Kennedy. 

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Il est 1h du matin. J'ai fini le livre il y a une heure, et depuis je reste allongée dans mon lit les yeux grand ouverts, les pensées qui défilent. Que peut on faire après avoir lu? 

Qu'est ce que je voudrais faire? Rien finalement. Ouvrir les yeux et laisser les pensées défiler c'est parfait. Laisser les images repasser. Écrire. Me taire. Penser.

D'ailleurs ça me fait penser que j'écris souvent quand je lis. Et puis je me tais.

Il y a longtemps que je ne m'étais pas laissée embarquée à ce point par une fiction.

Habituellement, c'est le verbe qui me retient dans un livre, la musique des mots, les tournures de phrases, les pensées métaphysiques sur les relations humaines ou sur les sentiments. Je lis un peu comme j'écoute des chansons finalement. Mais cette fois, ce qui m'a retenue c'est la mécanique tragique de l'histoire. Je suis émerveillée par le pouvoir de conteur de cet auteur (pouvoir qui me fait encore défaut hélas...)

Bien sur il n'y a pas que l'histoire. Kennedy a un style, percutant, qui happe dès les premières phrases et ne m'a pas lâché jusqu'à la fin. Mais ce n'est pas un style poétique. Il n'y a pas de jeux de mots ou de sonorités, ça ne chante pas. Je n'ai pas eu à corner chaque page lue comme j'en ai l'habitude parce que c'est beau ou parce que ça fait écho ou parce que ça me fait réfléchir. Ce n'est pas de la poésie, ni de la philosophie, c'est du pur roman. Et qu'est-ce que c'est bon! Je ne cherchais rien à retenir, j'avais juste un besoin boulimique de lire. Avancer dans cette histoire dense. L'histoire d'une vie (de plusieurs vies même).

 
Ce qui m'a passionné c'est la force du destin. Ou plutôt non, le fait qu'il n'y ait pas de destin mais seulement des hasards parfois, et d'autres fois des choix. Bons ou mauvais qui peut le dire, mais l'engrenage dans lequel chacun de nos choix nous entraîne est saisissant. Il n'y a rien à en penser, aucune conclusion à en tirer. Il y a juste à vivre ou à survivre, ça dépend des périodes de la vie. Essayer. Se tromper. Faire face. Tomber. Se relever. Trimballer son bagage... Et le personnage de Jack Malone m'a bouleversée.

Sinon, ce livre a la bonne idée d'être un pavé et c'est tant mieux. Ça se lit tout seul. 

J'ai pris conscience aussi du plaisir à nul autre pareil qu'offre la lecture: quand l'émotion nous gagne, on a le pouvoir de la laisser prendre toute la place. Quel luxe que l'on ne trouve ni au cinéma ni en concert. On a le pouvoir d'adapter le rythme, ralentir la lecture, faire monter le plaisir ou la douleur, on peut laisser une page en suspend, se perdre dans une pensée ou un souvenir, relire une phrase, faire une pause, accélérer au contraire. Se laisser submergé totalement avant de reprendre son souffle et sa lecture. Quel bonheur. Il n'y a que le tête à tête d'un livre qui permette cela. 

Maintenant je pars en quête de tous les autres Kennedy (oui, je suis monomaniaque, c'est ainsi, j'en ai déjà parlé ici !). Vous avez des titres à me conseiller? Je lis avec encore plus de saveur les livres que l'ont me conseillent. D'ailleurs celui-ci m'a été mis entre les mains par une amie qui est tombée juste là où il fallait! Merci à elle :) 

 

jeudi 1 novembre 2012

Anna Gavalda

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J'ai découvert Anna Gavalda il y a 5 ans avec le roman "Je l'aimais". Petit roman que j'ai lu d'une traite et qui m'a émue autant par la forme que par le fond. 

C'est l'histoire d'une femme qui aime un homme qui est parti pour une autre. L'histoire d'un beau-père qui raconte à cette femme l'histoire de sa propre vie. Le bien, le mal, les regrets, la souffrance. L'amour surtout, qui tombe dessus et ce qu'on en fait.

"Le courage de regarder sa vie en face, de n'y voir rien d'ajusté, rien d'harmonieux. Le courage de tout casser, de tout saccager par... par égoïsme? Par pur égoïsme? Mais non pourtant... Alors qu'est-ce? Instinct de survie? Lucidité? Peur de la mort?

Le courage de s'affronter. Au moins une fois dans sa via. De s'affronter, soi. Soi-même. Soi seul. Enfin.

"Le droit à l'erreur", toute petite expression, tout petit bout de phrase, mais qui te le donnera?

Qui, à part toi?"

Anna Gavalda, c'est tout un monde. Je peux piocher dans n'importe quelle ligne de n'importe lequel de ses livres, et je me retrouve transportée. Ca se lit comme on boit un jus de fruits frais, comme on retrouve nos jouets d'enfant, comme on tombe amoureux. Un mot suffit et me voilà embarquée.

Elle arrive à extraire ce qu'il y a de plus beau, de plus gracieux, de plus subtil dans la vie de tous les jours, dans les relations aux autres. C'est léger et c'est profond. Ca coule de source.

Et surtout, surtout, ça élève. Ca donne envie de rire, envie de croquer la vie, envie d'aller à l'essentiel surtout. Ne plus se laisse distraire par ce qui nous encombre. Rêver, vibrer, aimer, pleurer. Tous les sentiments y passent, tous les sentiments sont bons à vivre. Plus c'est bordélique et meilleur c'est. Le tourbillon de la vie. Ca donne envie d'en finir avec l'hypocrisie, d'en finir avec l'aseptisé, ça donne envie que la vie déborde, qu'elle dégouline.

Oui, c'est ça. Je lis Anna Gavalda comme je mangerai avec les doigts! Avec délice. Comme je rigolerai sous une couette avec ma copine, comme je transgresse un interdit,comme je sers contre moi tous ceux qui me sont chers à les étouffer, comme je regarde mes enfants vivre à mes côtés. Ca se lit comme on rit et comme on pleure. L'émotion nous traverse, nous émeut, nous bouleverse et s'évanouit. Et après avoir lu, il reste juste un p'tit quelque chose qui va nous accompagner longtemps. Un concentré de vie. Le sentiment d'avoir été vivant. Le besoin d'y revenir. Ne reste plus qu'à prendre sa vie en main. Ne plus se contenter d'à peu près. Vivre tout son saoul, sans arrangements, sans faux semblants. Voir grand. Et se relever les manches.

Alors voilà, en ce moment je relis Anna Gavalda et j'avais envie de le partager, c'est un régal! (et oui, à défaut d'écrire, je lis...!)

J'ai gardé le meilleur pour la fin avec cet extrait du roman "L'échappée belle":

" On va mettre ça sur le compte de la fatigue mais je me suis surprise à patauger dans la guimauve. Grosse bouffée de tendresse pour ces trois-là et intuition que nous étions en train de vivre nos dernières tartines d'enfance...
Depuis presque trente ans qu'ils me faisaient la vie belle... Qu'allais-je devenir sans eux? Et quand la vie finirait-elle par nous séparer?
Puisque c'est ainsi. Puisque le temps sépare ceux qui s'aiment et que rien ne dure.

Ce que nous vivions là, et nous en étions conscients tous les quatre, c'était un peu de rab. Un sursis, une parenthèse, un moment de grâce. Quelques heures volées aux autres...

Pendant combien de temps aurions-nous l'énergie de nous arracher ainsi du quotidien pour faire le mur? Combien de permissions la vie nous accorderait-elle encore? Combien de pieds de nez? Combien de petites grattes? Quand allions nous nous perdre et comment les liens se distendraient-ils?

Encore combien d'années avant d'être vieux?

Et je sais que nous en étions tous conscients. Je nous connais bien.
La pudeur nous empêchait d'en parler, mais à ce moment précis de nos chemins, nous le savions.
Que nous vivions au pied de ce château en ruine la fin d'une époque et que l'heure de la mue approchait. Que cette complicité, cett tendresse, cet amour un peu rugueux, il fallait s'en défaire. Il fallait s'en détacher. Ouvrir la paume et grandir enfin."94292_l-ecrivain-anna-gavalda-le-15-mars-2008-au-salon-du-livre-a-paris

 

 

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jeudi 30 août 2012

Je bois de l'eau et je suis saoule, Camille

Et voilà, le manuscrit est parti au concours Gallimard en un clic. C'est étrange les nouvelles technologies parfois. Ca laisse un sentiment de vide.

Des mois de travail intense et passionnants. Je ne me sens pas encore au bout mais j'arrête, c'est l'échéance. Je remplis un formulaire en quelques minutes, je télécharge un fichier et voilà c'est fini. Pour le moment en tous cas... :) Cette expérience m'a ouvert de nouveaux horizons et écrire pour les ados, ça s'inscrit en moi comme une évidence, ça m'inspire. Du coup, j'ai des envies en pagaille! 

Bon et sinon, pourquoi ce titre au roman???

C'est une phrase extraite d'une chanson de Camille. Je vous mets le clip en vidéo. Camille, je suis allée la voir en concert pour la première fois cet été aux Nuits du Sud à Vence. C'était fascinant. Et cette chanson -qui me trottait déjà dans la tête depuis un moment- colle parfaitement à mon roman. Je vous laisse les paroles juste en dessous. Je me suis toujours demandé d'ailleurs si cette chanson n'était pas elle-même inspirée de la chanson de Nougaro: "Une petite fille". Je ne peux plus écouter l'une sans penser à l'autre.

Camille - Au Port

"Hé! petite fille tu bois de l'eau et tu es saoule
là où tu te noies tu as beau avoir pied tu coules
Au port

Hé! petite folle! c'est pas la brasse c'est le crawl
pour la traversée il t'aurait fallu des épaules
du corps

Mais lui c'est différent, il est né sur l'océan,
c'est un grand capitaine, un amant monument,
tu t'es perdue dedans...

Hé! petite fille! on n'est jamais deux à partir
y'en a toujours un pour larguer l'autre pour languir
au port

Hé! petite cruche! avec tes pots de confiture
tu partiras en sucette mais pas à l'aventure
au Nord

Mais lui c'est différent, il est né sur le Mont Blanc,
c'est un grand alpiniste, un amant monument,
tu as perdu sa piste...

Hé! petite nonne! suis l'Au-delà si tu le trouves
le ramène pas au cardinal pour qu'il te l'ouvre
encore

Hé! petite larve! je suis toi-même et je te parle
tu es déjà grande alors lève toi sors de ta cale
Au port
ton coeur de petite fille est mort.

Hé! petite fille! à ta droite l'Arc de Triomphe
Hé! petite fille! à ta gauche il y a dieu qui ronfle
Hé! petite fille! devant il y a les pyramides
Hé! petite fille! derrière l' génie de la Bastille."

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lundi 27 août 2012

"Je bois de l'eau et je suis saoule", 4ème de couverture

Bonjour à tous,

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c'est une période chargée pour moi en ce moment. J-4 avant de rendre le manuscrit pour tenter ma chance au concours Gallimard jeunesse et J-7 avant mon retour à l'éducation nationale (ça c'est une autre histoire...).

Mon roman a bien avancé. J'ai fini !

J'en suis à la dernière des dernières relectures (là je prends sur moi pour ne plus tout bousculer encore). J'attaque une nouvelle étape: rédiger un résumé de l'histoire pour le joindre au roman. Une sorte de quatrième de couverture. Si vous avez envie d'y laisser des commentaires (en public ou en privé) n'hésitez pas. Ces quelques lignes sont très importantes. Ce sont les seules qui seront lues avec certitude. Elles doivent donner envie, attiser la curiosité ... Alors maintenant, vous imaginez que vous êtes à la Fnac et que vous cherchez quel livre acheter pour votre ado (ou pour vous même!). Vous parcourez les quatrièmes de couverture et vous tombez sur celle-ci. Vous en pensez quoi?

A vos commentaires!

PS: Merci de me suivre et à bientôt pour vous donner l'énigme de mon titre de roman en chansons.... :)

 

Je bois de l'eau et je suis saoule. Résumé du livre:

" Comment fait-on pour exprimer ses sentiments et ses désirs lorsqu'on n'a jamais appris ? Lorsqu'on a toujours cru qu'il fallait faire attention aux autres avant de prendre soin de soi ? Constance a quinze ans, un père charismatique, une mère malade et une bande de copains extraordinaires. Constance s'ennuie au lycée, elle rêve d'un ailleurs. Elle interprète le monde parce qu'elle ne le comprend pas. C'est sa façon à elle de grandir. 

Un jour, elle a la chance de vivre enfin sa propre histoire. Observer ne suffit plus, il faut se jeter à l'eau... "

dimanche 5 août 2012

La ballade de l'impossible, Haruki Murakami

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J'ai commencé par lire "Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil" de Haruki Murakami, un petit roman qui se lit d'une traite et j'ai enchaîné tout aussitôt avec "La ballade de l'impossible" . Je découvre Haruki Murakami, ça fait un petit moment que ses écrits me faisaient de l'oeil, mais je ne savais pas par où commencer. J'ai vu que certains de ses livres partaient dans le fantastique, alors j'ai commencé par les autres. J'ai adoré.

Je déteste parler des livres que j'ai lu, j'ai soit l'impression d'être creuse, soit d'être trop alambiquée. Comme je suis incapable de donner mon point de vue sur la qualité d'une interprétation en musique classique. C'est comme s'il y avait des subtilités à percevoir que seuls les initiés peuvent apprécier. Il faut passer du côté de la critique, de l'interprétation. Ce n'est pas mon truc.

Quand je lis un livre, je suis binaire. J'aime ou je n'aime pas. Je suis touchée ou non.

J'aime lire et faire lire.

Et c'est pourquoi je vous propose cette nouvelle catégorie sur mon blog: "Lire".

Pour enrichir aussi mes écrits des mots qui me marquent. Dans ce livre, j'ai aimé la complexité des relations humaines (amoureuses et amicales), la maison de repos et la gestion de la maladie et des sentiements. J'aime aussi la culture japonaise, et lire des noms de lieux, de plats, de personnages japonais.

 

" Elle est comme ça de temps en temps. Elle s'énerve et elle pleure. Mais ce n'est pas grave en soi. Puisqu'elle exprime ses sentiments. C'est quand on ne peut plus le faire que cela devient dangereux. alors, les émotions s'accumulent à l'intérieur du corps et se durcissent. Toutes sortes de sentiments se figent et meurent à l'intérieur du corps. Et c'est terrible."

 "Je pensais que tout irait bien tant qu'il serait à mes côtés, continua-t-elle. Dans la mesure où il était près de moi, je ne risquais rien. Vous savez que dans ce genre de maladie, c'est ce sentiment de confiance qui est le plus important? Je n'avais qu'à le laisser faire, dès que j'irais un peu plus mal, c'est à dire quand les écrous commenceraient à se desserer, il s'en apercevrait aussitôt et s'empresserait d'y remédier avec précision et courage, il démêlerait la pelote. Tant qu'il y a cette sorte de confiance, la maladie ne réapparaît pas. L'existence même de ce sentiment fait qu'il n'y a pas d'explosion."

" Il m'a dit qu'il ne supportait pas les hôpitaux. (Elle se mit à rire.) Sur ce plan, il était resté un enfant, tu sais. Tu ne trouves pas? Personne n'aime les hôpitaux, n'est-ce pas? C'est pour cela qu'on rend visite aux malades, pour les réconforter. C'est pour les encourager à guérir. Il ne comprenait pas bien cela, tu vois."

"Dis moi, pourquoi est-ce que tu n'aimes que les gens qui sont comme ça? dit Naoko. Nous sommes tous les trois un peu fêlés quelque part, un peu tordus, nous ne savons pas nager et nous perdons pied peu à peu. Moi, Kizuki, et Reiko l'était aussi. Tous les trois. Pourquoi ne peux-tu pas aimer des gens plus normaux?

_ Parce que ce n'est pas ce que je pense, lui répondis-je après avoir réfléchi un instant. Je n'arrive pas à croire que toi, Kizuki et Reiko, vous soyez tordus. Ceux que je trouve fêlés sont tous dehors et en pleine forme."

" Je crois qu'il ne faut pas attacher trop d'importance à ce qui vous arrive. C'est merveilleux d'aimer quelqu'un et si cet amour est bien réel, personne ne vous précipitera dans une situation inextricable. Soyez confiant. Mon conseil est très simple. Premièrement, si vous êtes très amoureux de cette personne [...], c'est normal que vous succombiez. Cela peut se passer plus ou moins bien. Mais c'est cela l'amour. Quand on aime, il est naturel de s'abandonner. C'est ce que je crois. C'est aussi une forme de sincérité."

" J'avais découvert que la mort n'était pas à l'opposé de la vie, mais en faisait partie. C'était vrai. Vivre fait que nous créons en même temps la mort. Mais ce n'était qu'une partie de la vérité. [...]Quelque soit notre vérité, la tristesse d'avoir perdu quelqu'un qu'on aime est inconsolable. La vérité, la sincérité, la force, la douceur, rien ne peut calmer la douleur, et, en allant au bout de cette souffrance, on apprend quelque chose qui ne nous est d'aucune utilité pour la prochaine vague de tristesse qui nous surprendra."

"Naoko fêta ses vingt ans.  [...] J'avais l'impression que nous étions plus proches, elle et moi, de dix-huit et de dix-neuf ans. Après 18 venait 19, et après 19, 18... C'était mieux ainsi. Mais elle venait d'avoir 20 ans. Et moi, j'aurais 20 ans à l'automne. Seuls les morts avaient toujours 17 ans."

" Mais la conversation de Naoko ne dura pas longtemps. Je m'aperçus soudain qu'elle était terminée. Des mots inachevés flottaient dans l'air, comme arrachés on ne savait d'où. Pour être exact, son discours n'était pas fini. Il s'était tout bonnement évaporé. Elle essayait bien de continuer à parler, mais il n'y avait plus rien. Quelque chose s'était perdu. C'était peut-être omi qui le lui avais fait perdre."

"J'ai toujours eu soif d'affection. J'aurais voulu au moins une fois dans ma vie recevoir de l'amour à satiété. Au point d'en être écoeurée et d'en refuser d'avantage. Une seule fois, juste une seule fois."

"C'est bien de pouvoir écrire une lettre à quelqu'un. C'est vraiment épatant d'avoir envie de dire ce que l'on pense à quelqu'un, de s'asseoir à son bureau, de prendre la plume et de pouvoir l'écrire ainsi. Bien sûr, en écrivant, je n'arrive à exprimer qu'une partie de ce que je veux dire, mais cela ne me gêne pas. Pour l'instant, le seul fait d'avoir envie d'écrire quelque chose à quelqu'un me rend heureuse. C'est ainsi que je t'écris."

"Ailleurs, les médecins restent des médecins, et les patients, des patients. Les malades attendent du secours de leur médecin, et les médecins daignent secourir leurs malades. Mais ici, nous nous soutenons réciproquement. Nous sommes des miroirs l'un pour l'autre.  [...] Ils ont l'oeil sur nous et, quand ils s'aperçoivent que nous avons besoin de quelque chose, ils se précipitent à notre secours, mais dans certains cas, c'est nous qui venons à leur aide. Parce que, pour certaines choses, justement, nous sommes supérieurs à eux. Par exemple, j'enseigne le piano à l'un d'entre eux  [...]. Il existe pas mal de gens doués pour une spécialité parmi ceux sui sont malades comme nous. C'est pour cela qu'ici nous sommes tous égaux. Les malades, l'équipe soignante, et vous aussi. Tant que vous êtes là, vous êtes l'un d'entre nous, je vous viens en aide et réciproquement.  [...] Vous venez en aide à Naoko, et elle vient elle aussi à votre secours."

 

Posté par GeraldineRuellan à 12:04 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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