mercredi 12 décembre 2012

Instants croqués: la fin des vacances

C'est l'été. Le soleil cogne encore, seul au milieu du ciel bleu sans nuances.

Dernier plongeon, dernière immersion dans l'eau. Tout à l'heure, les valises à boucler, la route à prendre, la ville à rejoindre. Tout à l'heure. Pour l'instant, je savoure le dernier bain. Je goûte intensément chaque sensation en les amenant une à une à ma conscience.

La seconde où je plonge, mon corps qui entre dans l'eau. La fraicheur qui vient éteindre la chaleur de ma peau restée trop longtemps au soleil. Mon corps qui change d'élément, oublie l'apesanteur pour se laisser porter, se laisser flotter. Mon corps dont les contours se dessinent enfin distinctement. Je me sens un être entier des pieds jusqu'à la tête. J'ai tout à coup un contour, une consistance impalpables à l'air libre.

Je savoure la dernière fois, le dernier plaisir. Il en est d'autant plus fort.

Je ne comprends pas pourquoi il m'est si nécessaire ce dernier plongeon alors que je me suis à peine baignée de toutes les vacances. J'aurais voulu me baigner plus, j'aurais dû me baigner plus. Pourtant ce n'était jamais le bon moment. Trop froid, trop la flemme. J'avais toujours mieux à faire: bronzer, dormir, rêver.

Jusqu'au dernier moment où je me dis que j'aurais dû en profiter d'avantage alors je me promets que l'an prochain, je me baignerai jusqu'à plus soif. 

Chaque été c'est pareil.

Posté par GeraldineRuellan à 14:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,


lundi 3 décembre 2012

Instants Croqués: la piscine

Non. Je n'ai vraiment pas envie. C'est l'hiver, il bruine, il fait nuit toute la journée. J'ai froid. Je déteste avoir froid. Et dire qu'il va falloir enlever mes couches de vêtements pour me retrouver en maillot de bain, entrer dans l'eau et contracter mon cœur de froid. C'est une torture. C'est la dernière fois.

Pourtant j'y retourne, chaque semaine. Et chaque semaine, je dois aller puiser au fin fond de mes ressources pour arriver jusqu'au bassin sans faire demi-tour!

Il y en a pour une heure. Dès 35 déjà je retrouve ma vitalité. Je tremble un peu mois, mes muscles se détendent, ma respiration s'apaise. Je peux toucher du doigt la fin de la séance et je me surprends à penser "je suis bien là en fait." Je n'impatiente pas encore la semaine suivante, non, n'exagérons rien, mais je savoure, simplement. Le sourire de mon fils et les yeux qui brillent. Et même si je suis déjà enroulée dans la serviette, peu m'importe, peu lui importe. C'est notre moment à deux. Un de ces moments qui font du bien. Ça pourrait être la pire activité du monde (y a pire que la piscine une fois par semaine en hiver??), le bonheur serait le même. Qu'importe le contenu pourvu qu'on ait l'ivresse...

Posté par GeraldineRuellan à 16:06 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,