jeudi 19 décembre 2013

Le flot de mes pensées

 

Couplet 1 (Femme)

Je n'sais pas parler

De mes envies Je suis bloquée

Les mots restent coincés

Dans le flot de mes pensées

 

Des mots de rien du tout

Les mêmes mots que chez vous

Mais les miens (me) rendent fou

Ils m'enferment à double tour

 

Ca me martèle la tête

Ca tourne en boucle ça se répète

Me cloue au sol, me cloue le bec

Je coule toute seule le coeur à sec

 

Mais je n'veux pas sombrer

Alors j'écris ce qui es(t) tu

Car je ne peux sonner

Que lorsque je suis lue

 

Couplet 2 (Homme)

Quand tu surfes sur le vague

Tu parais lisse à la surface

Moi je veux que tu t'lâches

Allez! Largue les amarres

 

Que la houle s'affole!

Que la vague t'emporte!

Ne ferme pas la porte

Moi je vois bien que tu débordes

 

Que sur tes joues roulent

Des larmes lourdes

Amères. Tu es la femme à la mer

La femme à l'envers

 

Tu es forte mais tu es faible

Tu veux tout et son contraire

Tu te débats contre toi-même

Et tu te noies au premier ver

 

 

COuplet 3 (Femme)

Quand tu m'parles tu m'plais

Apprends-moi à m'exprimer

Laisse pas mon silence s'étaler

Dénoue le flot de mes pensées

 

Je me heurte à mes barrières

Je tangue un peu mais je redresse

Je n'veux plus me taire

J'ouvre les yeux j'ouvre les lèvres

 

Ecoute-moi et raconte-toi

Inventons une histoire

Commune. Comme une bande dessinée

Un manga animé

 

Invite-moi dans ta bulle

Attise mes murmures

Je n'suis plus sûre vraiment

D'avoir jamais aimé avant

 

 

Posté par GeraldineBlanc à 11:52 - Commentaires [3] - Permalien [#]
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mardi 9 avril 2013

Renan Luce

Quand je me plonge dans l'univers d'un artiste que j'aime,  c'est toujours jusqu'à m'y noyer. Après plusieurs mois de Berry  intensifs, me voilà revenue à Renan Luce. Un peu comme les enfants je suis monomaniaque. Quand j'aime quelqu'un je l'aime entièrement, et je l'écoute, je le lis, je le relis, je le murmure, je m'en imprègne jusqu'à atteindre les mouvements de ses pensées jusqu'à les mêler aux miens, jusqu'à atteindre ses inspirations, ses soupirs, ses hésitations.

A vrai dire, j'aime certain(e)s auteurs, certain(e)s interprètes comme on cherche un homme, comme on trimballe ses amis. L'impression de se trouver pile au bon endroit. 

Je me sens portée par la musique (qui vient pour ma part souvent en deuxième plan, le premier contact étant celui des mots), je sens mon corps se mettre en mouvement, mes souvenirs s'éveiller, les mots s'inscrire dessus, goûteux, je les écoute mille fois avec le même plaisir, je suspend mon souffle en attente du ver, de l'association de mots, de la sonorité qui me renverse à chaque fois avec certitude. Ce presque rien, cet infiniment petit qui se glisse entre les mots, qui me lie à celui qui les prononce dans une vérité absolue qui colle absolument au corps, au coeur, au vécu, qui résonne, qui vibre, qui transcende, qui désarme.

Je m'habille de ces mots qui m'accompagnent. Ca m'aide à penser, ça m'aide à rêver, ça me fait palpiter. Ca m'aide à écrire aussi. Ca nourrit mon imaginaire et ça m'entraine au fond de moi. Je me surprends à y découvrir des nuances inconnues. Comment est-ce que je peux être toutes ces personnes à la fois? Comment peut-il y avoir une telle infinité en moi qui se crystalise pourtant en un unique endroit, un lieu exact. Là où ça fait du bien. Là où je me sens vivante.

Renan Luce fait partie de ces artistes que j'aime. Je suis sensible à ce qu'il dégage. Le grain de sa voix, les sonorités, les mots qui s'emmêlent, son regard, sa réserve, le monde qu'on imagine derrière la façade de quelques rimes, les images qui naissent comme des courts métrages, les émotions... Je l'ai vu une fois en concert, et il était tout aussi captivant. 

En ce moment je suis plutôt sur son premier album, Repenti (que je préfère au deuxième). J'avais déjà posté une vidéo de la chanson "I was here"

"Ouvrez les yeux car où que j'aille Je laisse derrière moi des entailles, des rayures

Et les gravats qu'il me reste Servent à combler ma tristesse, mes fêlures..."

 

Je découvre surtout l'Iris et la rose que je n'arrivais pas à écouter avant et que je me passe en boucle à présent (j'ai une affection particulière pour ces chansons qui résistent et qu'on ne rencontre que bien plus tard, une fois le reste de l'album assimilé...) 

"Une guêpe s'envole, se pose, butine

Et l'image cogne à ma rétine

Mais déjà mon regard est loin

Je ne sais plus voir le quotidien...

J'aimerais réveiller sans mémoire

Redécouvrir ce que je peux plus voir"

 

Il y a aussi 24H01 que j'aime tout particulièrement:

" Une minute pour se faire la belle

Avoir la lune sous mes semelles

Et les cheveux dans les étoiles

Une minute pour se faire la malle

Et ne plus être ce type normal

Coincé devant le p'tit écran

En rêve j'ai plus de cran

L'aiguille hors du cadran

A 24H01" 

 

Pour ne pas citer les plus connues ("Les voisines", "la lettre", "repenti", "mes racines" -magnifique aussi!)

Et dans son deuxième album, le clan des miros, il y a aussi "Nantes", j'ai un faible pour "Les gens sont fous", la musique de "la rue de l'oiseau lyre", "on n'est pas à une bêtise près", "Aux timides anonymes"..) et là la chanson qui résiste et que je découvre avec ravissement c'est  "Chez toi". Non, en fait il est bien aussi ce deuxième album :)

Commercial, pas commercial, à vrai dire, ça m'est égal. j'ai juste en face de moi quelqu'un qui fait écho en moi, qui éveille des images, des textures et des envies, qui m'amène à creuser et à rêver. Y a de l'humanité qui résonne et c'est la seule chose qui me pousse vers un artiste.

Une interview ici pour ceux que ça intéresse, car il est plaisant aussi à entendre parler

 

Posté par GeraldineBlanc à 15:13 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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