jeudi 1 novembre 2012

Anna Gavalda

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J'ai découvert Anna Gavalda il y a 5 ans avec le roman "Je l'aimais". Petit roman que j'ai lu d'une traite et qui m'a émue autant par la forme que par le fond. 

C'est l'histoire d'une femme qui aime un homme qui est parti pour une autre. L'histoire d'un beau-père qui raconte à cette femme l'histoire de sa propre vie. Le bien, le mal, les regrets, la souffrance. L'amour surtout, qui tombe dessus et ce qu'on en fait.

"Le courage de regarder sa vie en face, de n'y voir rien d'ajusté, rien d'harmonieux. Le courage de tout casser, de tout saccager par... par égoïsme? Par pur égoïsme? Mais non pourtant... Alors qu'est-ce? Instinct de survie? Lucidité? Peur de la mort?

Le courage de s'affronter. Au moins une fois dans sa via. De s'affronter, soi. Soi-même. Soi seul. Enfin.

"Le droit à l'erreur", toute petite expression, tout petit bout de phrase, mais qui te le donnera?

Qui, à part toi?"

Anna Gavalda, c'est tout un monde. Je peux piocher dans n'importe quelle ligne de n'importe lequel de ses livres, et je me retrouve transportée. Ca se lit comme on boit un jus de fruits frais, comme on retrouve nos jouets d'enfant, comme on tombe amoureux. Un mot suffit et me voilà embarquée.

Elle arrive à extraire ce qu'il y a de plus beau, de plus gracieux, de plus subtil dans la vie de tous les jours, dans les relations aux autres. C'est léger et c'est profond. Ca coule de source.

Et surtout, surtout, ça élève. Ca donne envie de rire, envie de croquer la vie, envie d'aller à l'essentiel surtout. Ne plus se laisse distraire par ce qui nous encombre. Rêver, vibrer, aimer, pleurer. Tous les sentiments y passent, tous les sentiments sont bons à vivre. Plus c'est bordélique et meilleur c'est. Le tourbillon de la vie. Ca donne envie d'en finir avec l'hypocrisie, d'en finir avec l'aseptisé, ça donne envie que la vie déborde, qu'elle dégouline.

Oui, c'est ça. Je lis Anna Gavalda comme je mangerai avec les doigts! Avec délice. Comme je rigolerai sous une couette avec ma copine, comme je transgresse un interdit,comme je sers contre moi tous ceux qui me sont chers à les étouffer, comme je regarde mes enfants vivre à mes côtés. Ca se lit comme on rit et comme on pleure. L'émotion nous traverse, nous émeut, nous bouleverse et s'évanouit. Et après avoir lu, il reste juste un p'tit quelque chose qui va nous accompagner longtemps. Un concentré de vie. Le sentiment d'avoir été vivant. Le besoin d'y revenir. Ne reste plus qu'à prendre sa vie en main. Ne plus se contenter d'à peu près. Vivre tout son saoul, sans arrangements, sans faux semblants. Voir grand. Et se relever les manches.

Alors voilà, en ce moment je relis Anna Gavalda et j'avais envie de le partager, c'est un régal! (et oui, à défaut d'écrire, je lis...!)

J'ai gardé le meilleur pour la fin avec cet extrait du roman "L'échappée belle":

" On va mettre ça sur le compte de la fatigue mais je me suis surprise à patauger dans la guimauve. Grosse bouffée de tendresse pour ces trois-là et intuition que nous étions en train de vivre nos dernières tartines d'enfance...
Depuis presque trente ans qu'ils me faisaient la vie belle... Qu'allais-je devenir sans eux? Et quand la vie finirait-elle par nous séparer?
Puisque c'est ainsi. Puisque le temps sépare ceux qui s'aiment et que rien ne dure.

Ce que nous vivions là, et nous en étions conscients tous les quatre, c'était un peu de rab. Un sursis, une parenthèse, un moment de grâce. Quelques heures volées aux autres...

Pendant combien de temps aurions-nous l'énergie de nous arracher ainsi du quotidien pour faire le mur? Combien de permissions la vie nous accorderait-elle encore? Combien de pieds de nez? Combien de petites grattes? Quand allions nous nous perdre et comment les liens se distendraient-ils?

Encore combien d'années avant d'être vieux?

Et je sais que nous en étions tous conscients. Je nous connais bien.
La pudeur nous empêchait d'en parler, mais à ce moment précis de nos chemins, nous le savions.
Que nous vivions au pied de ce château en ruine la fin d'une époque et que l'heure de la mue approchait. Que cette complicité, cett tendresse, cet amour un peu rugueux, il fallait s'en défaire. Il fallait s'en détacher. Ouvrir la paume et grandir enfin."94292_l-ecrivain-anna-gavalda-le-15-mars-2008-au-salon-du-livre-a-paris

 

 

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jeudi 24 novembre 2011

Bienvenue

Je me présente, je suis Géraldine Blanc, j'ai 31 ans et je suis la maman à la maison de trois jeunes enfants. Ca, c'est à temps plein.

 

Avant, j'ai aimé le théâtre, la littérature, le piano, le chant et le violoncelle.

Un jour, j'ai décidé de m'y remettre.

J'ai commencé par amener ma guitare en classe ( j'étais alors instit' et j'avais eu le grand bonheur - lorsque j'étais enfant et que j'allais encore à l'école - de rencontrer un instituteur qui avait une guitare et des chansons. ) J'y ai ajouté mon expérience théâtreuse, et j'ai monté un spectacle du Soldat Rose (de Louis Chédid)  avec mes élèves de CM1/CM2.

Leur voix, leur invention, leur plaisir, et ma guitare pour accompagner.

Dans la foulée, je me suis assise à nouveau derrière mon piano. J'avais 10 ans d'apprentissage comme bagage. J'ai retrouvé mes partitions et les chansons que j'avais aimées, qui m'avaient accompagnée. Et puis j'ai repris le violoncelle. Là, je débutais, mais j'avais envie d'y revenir, et d'aller plus loin. J'ai découvert le monde de l'orchestre et j'ai aimé retrouver l'accord des instruments au début des répétitions et des concerts, l'harmonie, le groupe.

J'ai arrêté d'être enseignante. J'ai commencé l'aventure de l'école à la maison avec mes trois enfants.

Et pour garder ma bulle d'oxygène, je me suis mise à écrire. Et dans l'écriture je me suis trouvée.

L'écriture se suffisait à elle-même. Plus que le théâtre, plus que la musique, plus que tout le reste. L'écriture me permet d'être complexe. D'être ici et ailleurs. De plonger en moi pour aller vers les autres. Retrouver le passé, inventer l'avenir. Il y a tant de libertés. Je ne suis plus à côté de la plaque.

J'ai découvert ma capacité à rester plusieurs heures à écrire sans ennui, sans effort, sans contrainte.

Lorsque j'écris, je deviens vivante. Je palpite, je ressens, je respire, je sublime. 

J'ai terminé il y a un mois l'écriture de mon premier roman: Une chanson lente.

Dans l'attente d'un retour éditeur, je me retrouve en période terne.

Je vis très difficilement l'attente. C'est une vieille histoire entre l'attente et moi. Mais là, c'est confirmé, l'attente m'use à petits feux. Je n'arrive pas à abandonner ce premier manuscrit, et tant que je n'arrive pas à l'abandonner, je n'arrive pas à m'investir dans de nouveaux projets.

L'attente comme toujours me fige. Je ne sais plus ni écrire, ni projeter, ni espérer, ni abandonner. J'attends. Je suis toute entière à l'attente. Je me tais, je me ferme et je laisse ma confiance s'émietter.

J'ai envoyé mon manuscrit à 13 maisons d'édition. J'ai pour l'instant reçu 5 refus par courrier. Il faut compter plusieurs semaines voire plusieurs mois avant d'avoir une réponse. Ca laisse le temps d'attendre. Ca lasse le temps d'attendre.

Si rien ne se passe, j'envisagerai la solution de l'édition à compte d'auteur.

 

En attendant....

il me faut écrire, il me faut partager, mes mots, ma musique, mes créations, mes interprétations. Il me faut rencontrer le regard des autres. Essayer d'élargir le cercle des lecteurs auditeurs amateurs... bah oui, c'est mieux d'avoir du monde derrière soi pour envisager l'auto-édition.

Voici donc mon blog. Un nouveau travail d'écriture. Ce ne sera pas un roman, mais plutôt des tranches d'écriture. Venue de mon roman ou d'ailleurs. Pour affiner mon style, pour tenter des chemins nouveaux.

Si la lecture de mes messages vous fait du bien, si cela vous intrigue, vous interroge, vous dérange, vous transporte, vous émeut, si mes mots vous parlent, inscrivez-vous et laissez-vous aller.... 

Bonne route !

Posté par baptisteruellan à 16:04 - Commentaires [4] - Permalien [#]
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