dimanche 5 août 2012

La ballade de l'impossible, Haruki Murakami

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J'ai commencé par lire "Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil" de Haruki Murakami, un petit roman qui se lit d'une traite et j'ai enchaîné tout aussitôt avec "La ballade de l'impossible" . Je découvre Haruki Murakami, ça fait un petit moment que ses écrits me faisaient de l'oeil, mais je ne savais pas par où commencer. J'ai vu que certains de ses livres partaient dans le fantastique, alors j'ai commencé par les autres. J'ai adoré.

Je déteste parler des livres que j'ai lu, j'ai soit l'impression d'être creuse, soit d'être trop alambiquée. Comme je suis incapable de donner mon point de vue sur la qualité d'une interprétation en musique classique. C'est comme s'il y avait des subtilités à percevoir que seuls les initiés peuvent apprécier. Il faut passer du côté de la critique, de l'interprétation. Ce n'est pas mon truc.

Quand je lis un livre, je suis binaire. J'aime ou je n'aime pas. Je suis touchée ou non.

J'aime lire et faire lire.

Et c'est pourquoi je vous propose cette nouvelle catégorie sur mon blog: "Lire".

Pour enrichir aussi mes écrits des mots qui me marquent. Dans ce livre, j'ai aimé la complexité des relations humaines (amoureuses et amicales), la maison de repos et la gestion de la maladie et des sentiements. J'aime aussi la culture japonaise, et lire des noms de lieux, de plats, de personnages japonais.

 

" Elle est comme ça de temps en temps. Elle s'énerve et elle pleure. Mais ce n'est pas grave en soi. Puisqu'elle exprime ses sentiments. C'est quand on ne peut plus le faire que cela devient dangereux. alors, les émotions s'accumulent à l'intérieur du corps et se durcissent. Toutes sortes de sentiments se figent et meurent à l'intérieur du corps. Et c'est terrible."

 "Je pensais que tout irait bien tant qu'il serait à mes côtés, continua-t-elle. Dans la mesure où il était près de moi, je ne risquais rien. Vous savez que dans ce genre de maladie, c'est ce sentiment de confiance qui est le plus important? Je n'avais qu'à le laisser faire, dès que j'irais un peu plus mal, c'est à dire quand les écrous commenceraient à se desserer, il s'en apercevrait aussitôt et s'empresserait d'y remédier avec précision et courage, il démêlerait la pelote. Tant qu'il y a cette sorte de confiance, la maladie ne réapparaît pas. L'existence même de ce sentiment fait qu'il n'y a pas d'explosion."

" Il m'a dit qu'il ne supportait pas les hôpitaux. (Elle se mit à rire.) Sur ce plan, il était resté un enfant, tu sais. Tu ne trouves pas? Personne n'aime les hôpitaux, n'est-ce pas? C'est pour cela qu'on rend visite aux malades, pour les réconforter. C'est pour les encourager à guérir. Il ne comprenait pas bien cela, tu vois."

"Dis moi, pourquoi est-ce que tu n'aimes que les gens qui sont comme ça? dit Naoko. Nous sommes tous les trois un peu fêlés quelque part, un peu tordus, nous ne savons pas nager et nous perdons pied peu à peu. Moi, Kizuki, et Reiko l'était aussi. Tous les trois. Pourquoi ne peux-tu pas aimer des gens plus normaux?

_ Parce que ce n'est pas ce que je pense, lui répondis-je après avoir réfléchi un instant. Je n'arrive pas à croire que toi, Kizuki et Reiko, vous soyez tordus. Ceux que je trouve fêlés sont tous dehors et en pleine forme."

" Je crois qu'il ne faut pas attacher trop d'importance à ce qui vous arrive. C'est merveilleux d'aimer quelqu'un et si cet amour est bien réel, personne ne vous précipitera dans une situation inextricable. Soyez confiant. Mon conseil est très simple. Premièrement, si vous êtes très amoureux de cette personne [...], c'est normal que vous succombiez. Cela peut se passer plus ou moins bien. Mais c'est cela l'amour. Quand on aime, il est naturel de s'abandonner. C'est ce que je crois. C'est aussi une forme de sincérité."

" J'avais découvert que la mort n'était pas à l'opposé de la vie, mais en faisait partie. C'était vrai. Vivre fait que nous créons en même temps la mort. Mais ce n'était qu'une partie de la vérité. [...]Quelque soit notre vérité, la tristesse d'avoir perdu quelqu'un qu'on aime est inconsolable. La vérité, la sincérité, la force, la douceur, rien ne peut calmer la douleur, et, en allant au bout de cette souffrance, on apprend quelque chose qui ne nous est d'aucune utilité pour la prochaine vague de tristesse qui nous surprendra."

"Naoko fêta ses vingt ans.  [...] J'avais l'impression que nous étions plus proches, elle et moi, de dix-huit et de dix-neuf ans. Après 18 venait 19, et après 19, 18... C'était mieux ainsi. Mais elle venait d'avoir 20 ans. Et moi, j'aurais 20 ans à l'automne. Seuls les morts avaient toujours 17 ans."

" Mais la conversation de Naoko ne dura pas longtemps. Je m'aperçus soudain qu'elle était terminée. Des mots inachevés flottaient dans l'air, comme arrachés on ne savait d'où. Pour être exact, son discours n'était pas fini. Il s'était tout bonnement évaporé. Elle essayait bien de continuer à parler, mais il n'y avait plus rien. Quelque chose s'était perdu. C'était peut-être omi qui le lui avais fait perdre."

"J'ai toujours eu soif d'affection. J'aurais voulu au moins une fois dans ma vie recevoir de l'amour à satiété. Au point d'en être écoeurée et d'en refuser d'avantage. Une seule fois, juste une seule fois."

"C'est bien de pouvoir écrire une lettre à quelqu'un. C'est vraiment épatant d'avoir envie de dire ce que l'on pense à quelqu'un, de s'asseoir à son bureau, de prendre la plume et de pouvoir l'écrire ainsi. Bien sûr, en écrivant, je n'arrive à exprimer qu'une partie de ce que je veux dire, mais cela ne me gêne pas. Pour l'instant, le seul fait d'avoir envie d'écrire quelque chose à quelqu'un me rend heureuse. C'est ainsi que je t'écris."

"Ailleurs, les médecins restent des médecins, et les patients, des patients. Les malades attendent du secours de leur médecin, et les médecins daignent secourir leurs malades. Mais ici, nous nous soutenons réciproquement. Nous sommes des miroirs l'un pour l'autre.  [...] Ils ont l'oeil sur nous et, quand ils s'aperçoivent que nous avons besoin de quelque chose, ils se précipitent à notre secours, mais dans certains cas, c'est nous qui venons à leur aide. Parce que, pour certaines choses, justement, nous sommes supérieurs à eux. Par exemple, j'enseigne le piano à l'un d'entre eux  [...]. Il existe pas mal de gens doués pour une spécialité parmi ceux sui sont malades comme nous. C'est pour cela qu'ici nous sommes tous égaux. Les malades, l'équipe soignante, et vous aussi. Tant que vous êtes là, vous êtes l'un d'entre nous, je vous viens en aide et réciproquement.  [...] Vous venez en aide à Naoko, et elle vient elle aussi à votre secours."

 

Posté par GeraldineRuellan à 12:04 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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