lundi 4 mars 2013

Instants croqués: L'homme bleu

Il n'est pas particulièrement beau.

On dirait au premier coup d'oeil qu'il est classique. Peut-être même quelconque. Il ne parle pas de lui, il ne s'impose pas, il reste là. Il passerait facilement inaperçu, il disparaîtrait s'il n'y prenait pas garde, il se faufilerait, il s'effacerait. 

Il n'est pas particulièrement beau pourtant il s'éclaire au contact des autres comme s'il prenait vie.

Je pense que c'est plus fort que lui. Les regards accrochent le bleu du sien et provoquent son large sourire. Son corps malgré lui se rapproche sensiblement. Il tend vers l'autre. C'est émouvant. Et l'on peut deviner la tendresse à ses côtés s'animer comme une ombre. Une douce ombre, une ombre claire et lumineuse qui appelle à la réciprocité.

On se surprend alors à dépoussiérer la candeur en nous, qui s'était empêtrée dans le laisser aller du quotidien. On se surprend à y trouver du plaisir. Et lorsqu'on le quitte et qu'il s'éteint peut-être à nouveau derrière nous, on a encore sur le visage un sourire rayonnant et les yeux qui plissent...

Posté par GeraldineBlanc à 10:29 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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mercredi 7 mars 2012

Grandir

Nous chuchotions dans la nuit.

Je retrouvais une odeur d'enfance. Unique. Notre odeur d'enfance.

Je retrouvais tes pieds qui bougeaient dans le lit.

 

Avec certitude découvrir que c'est aussi important pour moi que pour toi. Avant de savoir me laisser aller.

Avec certitude entendre nos coeurs qui vibrent, l'émotion fragile.

L'instant est inestimable. Chacun le veut unique. On repousse les heures, la nuit, le temps. On parle, on se marre. Pour un rien, dans le noir, les yeux grands ouverts. On retarde le retour au quotidien. Moment de grâce suspendu.

 

Revoir mes soeurs d'enfance. Retrouver en elles cette part de moi-même que j'y ai déposé. Au fil des années.

Y retourner comme on retourne vers son pays natal. Empli de notre histoire.

 

Etre adulte:

Ne plus serrer les autres dans ses bras de tout son coeur.

Ne plus courir pour se déplacer dans sa maison.

Ne plus crier, ne plus pleurer, de tout son corps, pour évacuer.

Ne plus rire pour un rien, toutes les cinq minutes, comme une baleine .

Ne plus dormir les uns sur les autres, les uns contre les autres (mmmhh quoi que, en famille nombreuse on retrouve ce bonheur-là facilement :)

Ne plus chuchoter en pouffant des secrets évidents. 

Ne plus s'insurger à la moindre injustice, de toute sa conviction.

 

 

 

 

Posté par GeraldineRuellan à 09:23 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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