jeudi 7 novembre 2013

je suis toujours là!

 

Bonjour les zamis,

 

Je n'écris plus, je ne fais plus de musique, je ne viens plus sur le blog... C'est la panne sèche...

Ce n'est pas aussi vrai que ça, c'est plus compliqué comme toujours... en fait je bouillonne d'envies, mais je bloque à passer la seconde... alors j'attends... une rencontre? Un declic?

Le besoin de jouer à plusieurs se fait de plus en plus pressant, mais difficile de se faire confiance quand on a toujours créé en solo...

 

Bon et alors qu'est-ce que je fais là si j'ai rien à dire???

C'est à cause du dernier bouquin de Gavalda, Billie, que je viens de refermer...

Aucun lien entre les deux et pourtant... c'est souvent étonnant les chemins qui se font dans nos têtes pour sauter d'une idée à une autre, mais c'est ce livre qui m'a donné envie de venir réécrire par ici car malgré un début un peu convenu, la fin rattrappe tout, elle m'a fait décoller et m'a donné des ailes (comme toujours avec Gavalda... Merci ma Xou <3)

 

Et puis aussi, malgré la longue traversée du désert, j'ai quand même 2 bonnes nouvelles à vous annoncer :)

 

La première: c'est que mon Instant Croqué La boîte a musique a été élu coup de coeur et a donc été sélectionné au Prix short edition Automne 2013. Youhou!!! C'est par ici http://short-edition.com/oeuvre/tres-tres-court/instants-croques-la-boite-a-musique.

Concrètement ça veut dire que mes quelques lignes seront imprimées sur papier dans un recueil avec tous les autres lauréats!

J'ai appris ça début octobre, et ça m'a fait très très plaisir... affaire à suivre dès que j'en sais un peu plus :)

 

La deuxième bonne nouvelle, c'est que je me suis enfin mis à écrire des chansons (des paroles de chansons plus exactement)... Depuis le temps que je veux le faire mais que je n'y arrivais pas, ça y est, ça s'est enfin débloqué et j'ai pondu deux chansons le mois dernier!

C'est un travail d'écriture qui me plait énormément, c'est exactement ce que j'aime, écrire, réécrire, affiner, ressasser en boucle, goûter les mots, les retourner dans tous les sens, me contraindre à quelques grandes règles et puis les bousculer bien sûr... Bref je me suis régalée et j'espère vite vite m'y remettre....

Alors je vous présente ma première chanson, c'est dur de lire des paroles sans musique... Mais ce sera la prochaine étape... En vrai, y a déjà une mélodie qui a été écrite pour moi... et c'est un grand bonheur <3 ... Mais ce ne sera pas pour tout de suite ici :)

Cette chanson s'appelle La maison sous la maison, et je me suis inspirée de l' Instant croqué qui porte le même nom: http://www.unechansonlente.com/archives/2013/02/26/26510487.html

 

 

Couplet 1;

J'ai 9 ans et toi aussi

Il est 13H et c'est fini

Tu dois rentrer, Je dois manger

C'est plus l'heure, faut se quitter

 

Et c'est comme ça

La vie c'est ça, c'est pas la fête,

Il faut des bornes, il faut des règles,

Alors rends toi...

 

 Mais moi je rêve et quand le soir arrive

J'me mets à déplacer mon lit

Pousser les meubles, les habitudes

Pour surmonter la solitude

 

ET je m'invente un tunnel

Qu'on construirait de ma chambre à la tienne

Avec une trappe et une échelle

A coups de pioche, à coups de pelle

 

On se rejoindrait enfin

Autant qu'on en a besoin

A l'heure des d'voirs, à l'heure des cris

A l'heure où ce n'est pas permis

 

Refrain: 

Avant l'heure,

Après l;'heure,

Loin de la vie qui est la leur

 

COuplet 2:

Maintenant j'ai 40 ans et lui aussi

Il est 20H... Je veux m'enfuir

Je dois rester, ils veulent dîner

C'est déjà l'heure, faut s'aquitter

 

Et c'est comme ça

La vie c'est ça, c'est pas la fête,

Il faut des gosses, il faut des mères,

Alors rends-toi...

 

Mais moi j'espère et quand le soir arrive

J'me mets à tourner dans mon lit,

Refaire l'histoire, par habitude,

Pour meubler la solitude

 

Et je repense à ce tunnel

Immaginé de ma chambre à la tienne

Je r'vois la pioche, je r'vois la pelle

Et le trou laissé dans la terre

 

Alors je réalise enfin

Combien j'en ai encore besoin

De ce refuge où l'on se cache

De cet ailleurs où l'on s'évade

 

Refrain: 

Avant l'heure,

Après l'heure

Loin de la vie qui est la mienne

 

Couplet 3:

J'ai plus 9 ans mais j'ai compris

Que le tunnel était ici

Pas b'soin de pioche, pas b'soin de pelle

Le chantier est dans ma tête

 

Et c'est comme ça,

Y a les "Il faut", y a les "tu dois"

Mais quand la vie m'emmerde

Je peux faire pause... Et disparaître

 

Je te rejoins dès que j'en ai envie

Plus besoin de déplacer mon lit

Juste une bougie, pour la lumière,

ET je descends par mon échelle

 

Toutes ces galeries restent un mystère

Ca va toujours de ma chambre à la tienne

C'est une maison sous ma maison

Un notre monde sous votre monde

 

Cet univers souterrain

Ce vieux souv'nir de gamin

Un lieu secret à préserver

Une trappe dans la réalité

 

(Un lieu secret à préserver

Une trace dans ma réalité)

 

Refrain:

Avant...

Après...

Loin, loin, loin, loin, loin......

 

Merci à vous de me suivre, et partagez si ça vous plait ^^

 


mardi 30 avril 2013

Benoît Dorémus

A 32 ans je me découvre solitaire. Etre seule au milieu des autres, observer, écouter, me laisser bercer, ça me ressource, j'adore ça. 

Hier soir, je suis allée (seule donc!) aux 3 Baudets à Paris assister au concert de Benoît Dorémus et je ne regrette pas de m'être motivée. Deux chouettes découvertes m'attendaient: Benoît Dorémus sur scène, que je ne connaissais pas et le théâtre des 3 Baudets, depuis le temps que je voulais y mettre les pieds. Une belle salle de théâtre, feutrée et intimiste. Un chouette concept aussi avec les "soirées Trois Baudets": trois artistes le même soir.

Première partie: un nouvel artiste quasi inconnu à découvrir pendant 15 minutes. Deuxième partie: un artiste déjà un peu plus rôdé qui joue pendant 30 minutes. Troisième partie: un artiste confirmé en tête d'affiche pour clôturer la soirée pendant une heure (c'était un peu court une heure d'ailleurs, ça laisse sur sa faim!). Du coup, j'ai carrément acheté le pass pour toute l'année (j'ai déjà raté Bensé au début du mois d'avril...) 

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Je me suis assise au premier rang (oui c'est une -rare- salle avec des places assises) et j'ai attendu que le spectacle commence en regardant les gens prendre place, en attrappant au vol des bribes de conversation sur le pourquoi du comment ils avaient connu Benoît Dorémus. J'aime ce moment d'avant. La soirée s'installe, tout est à venir et moi je m'imprègne de ce qui m'entoure. Ca permet un sas entre la vraie vie et le spectacle. C'est un temps nécessaire. Et quand les lumières s'éteignent, rester les yeux grands ouverts dans le noir fixés sur la scène. J'aime les techniciens avant et après qui montent et démontent la scène, déplacent, mettent en place. J'aime la première note, le premier regard sur l'artiste et j'aime aussi le moment où je deviens captive. Quand je me laisse embarquer... C'est bon de se laisser embarquer ailleurs, entendre d'autres mots, d'autres mélodies, faire connaissance.

Hier en première partie, il y avait Claire, avec une belle voix, chaude et douce à la fois, qui venait faire contraste avec la fragilité de ce que cette jeune fille dégageait du haut de ses 16 ans. En deuxième partie, il y avait Emilie Plaitin, dans un style très éloigné de ce que j'écoute habituellement (électro pop) mais qui a réussi à laisser vagabonder mes pensées et à faire émerger plein d'images et d'idées dans ma tête. C'était un moment étonnant.

Et puis enfin, Benoît Dorémus, là, c'est tout ce que j'aime, un gars seul avec sa guitare, des textes qui m'embarquent, une dose d''humour qui ajoute au charme et une présence sur scène sans temps mort qui passe à toute vitesse. D'une chanson à une autre avec plaisir. Je n'en connaissais aucune, ça ne m'a pas empêchée d'être enchantée. Aucun moment de saturation à l'écoute de textes inconnus. Juste de la curiosité et du bon temps. C'est fluide, c'est agréable et entraînant. Et puis, il y a eu la surprise de voir Renan Luce, qui était dans la salle et a rejoint Benoit sur scène pour un duo. 

Une bière au bar pour finir, d'autres bribes de conversations attrappées au vol à nouveau sur les ressentis de chacun à chaud, regarder les gens se faire prendre en photo avec les artistes (ces mêmes gens et ces mêmes photos que je retrouve sur facebook aujourdh'ui, c'est marrant la vitesse et l'étendue de diffusion grâce à internet, maintenant j'ai presque l'impression de connaître un peu tous ces inconnus d'hier à tant les avoir observés :)

Avant de redescendre les escaliers j'ai à mon tour échangé quelques mots avec les artistes pour leur dire combien j'avais apprécié cette jolie petite soirée. Et puis retour aux bercailles.

Belle nuit à vous et bonne écoute à ceux qui ne connaissent pas encore! Je n'ai pas trouvé beaucoup de vidéos sur Dailymotion (y en a + sur YouTube on dirait). Cette chanson-là a été reprise par Renaud je crois dans son dernier album: ça s'appelle "Rien à te mettre"

J'ai bien apprécié la dernière chanson en rappel qui m'a trotté dans la tête toute la journée: la femme de ma vie.

Bon bah yapluka aller acheter le cd maintenant :)

mercredi 24 avril 2013

Instants croqués: la boîte à musique

Cet homme que je croise chaque matin dans sa librairie je voudrais l'extraire, abattre les murs et voir ce qu'il y a derrière.

Qui est-il?

Je ne peux pas l'imaginer ailleurs que dans ce décor en papier carton, ailleurs que devant cette petite table et ces petites chaises, ces affiches aux couleurs éclatantes. Le seul endroit où je l'ai jamais vu. Je ne peux l'imaginer ailleurs que devant tous ces gens, souriant aimablement, murmurant des attentions touchantes. Quelle est sa vie ailleurs? Est-ce qu'il vit seul? 

Je ne peux raisonnablement pas l'imaginer au supermarché ou à la banque. Je ne peux lui associer ni une voiture ni une maison, ni un trajet dans ma réalité. J'essaie pourtant, je lui invente une histoire, des plaisirs, des amis. Je me demande quel genre de musique il peut écouter? Comment est-il quand il parle tout bas, de quelle manière pose-t-il ses doigts autour d'un verre lorsqu'il boit. Est-ce qu'il boit d'ailleurs? Et qu'est-ce qu'il boit? De quoi a-t-il soif? Aime-t-il, rêve-t-il? Je l'imagine tant que je ne l'imagine plus. Je le perds de vue. 

Je n'emporte avec moi qu'une image.

Alors je retourne à cette librairie comme j'ouvrirai une boîte à musique. Ce même homme, à cette même place. Il m'intrigue tant que j'ouvre plusieurs fois par jour le couvercle pour entendre sa petite musique. Il est toujours là, il me regarde. Il me sourit dans un rituel immuable et telle une petite ballerine, je tourne autour de lui.

Oui mais que vais-je faire de tous ces livres? 

 

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mardi 26 mars 2013

Instants croqués: les mots d'amour

Lorsque Plume écrit des mots d'amour, c’est d'abord par nécessité. En donnant un peu d’elle, elle se sent plus légère. Elle aime s’envoler, Plume et l’encre coule d’elle-même. Les mots étaient devenus si grands, elle ne peut plus rien faire d’autre que les partager. Des mots si mûrs qu’ils se laissent cueillir sans résister, alors vite elle s’en détache avant d'être engloutie. 

Et puis, elle aime se laisser lire, Plume, provoquer un sourire, un doute, une émotion, faire irruption dans une vie. Ouvrir une porte, ça la délivre. Elle aime tisser le lien, elle aime rejoindre ceux qu’elle a quittés. C’est comme un fil invisible, c’est comme un secret. Un instant volé à deux quotidiens décalés.

Elle les donne pour rien, ses mots, ils partent en un clic, c’est compulsif. Elle les envoie pour rien, pourtant, elle se retrouve à nu. Et l'instant suivant, elle perd pieds. 

Elle ne sait plus, elle regrette, elle craint le malentendu. Quelle idée absurde de donner ses mots. Des mots perdus qui ne lui appartiennent plus. Les voilà gravés, déposés, recueillis par d'autres, la voilà qui reste là comme un livre ouvert, c'est effrayant. C'est excitant aussi. Alors elle attend.

Elle qui n’attendait rien, c’est plus fort qu’elle, elle attend.
Parce qu'elle sait combien la réciprocité légitime, la réciprocité réconforte. Elle se voudrait plus forte mais elle n’y arrive jamais.

Parfois, la réponse ne vient jamais. Alors s'immisce le doute. La honte parfois, en tous cas les regrets. Dans le silence, elle imagine. Qu’elle est allée trop loin peut-être. Peut-être ses mots étaient-ils trop lourds? Peut-être a-t-elle donné de trop? Trop naïvement, trop spontanément. Dans le silence, elle imagine.

Qu’elle s’est trompée, qu’elle a tout faux, sur toute la ligne. Ses mots ne le toucheront jamais. Qu’est-ce qu’elle croyait ? Quelle idiote. Il a dû les lire entre d'autres lignes, plus urgentes, plus utiles, plus nécessaires à sa vie, il a dû les lire à la va-vite, pressé par le temps qui presse. Zapper. Et passer à autre chose. Comme on reçoit la liste des courses ou la facture du gaz. Dans le silence de toutes façons, elle imagine toujours le pire.

Peut-être l’a-t-elle perdu avec tous ses mots. Peut-être ne l'avait-elle surtout jamais vraiment atteint. Peut-être qu’il ne comprend rien à rien. Peut-être qu’il s’en fout, peut-être tout ça n’a-t-il pas d’importance pour lui, le dévoilement d’une personne à une autre. Ou bien, peut-être il n’en peut plus de ses messages. Peut-être il ne sait plus quoi en faire, il est encombré par tant d’amour. Peut-être il pense à elle en soupirant, mal à l’aise. Peut-être, peut-être...

Dans le silence, il n'y a qu'une certitude : Je me suis trompée.
Je n'aurais pas dû. Je suis nulle, je suis trop, je suis trop peu, je suis à côté.

Elle se revoit, elle a quatorze ans, elle est en haut des escaliers, au milieu de la cour devenue immense d’un collège de quartier. Elle descend les marches jusqu'à lui. Tous les regards semblent se braquer sur elle. C'est ce qu'elle se dit à ce moment-là. Ca et l'impression que les avions se sont arrêtés de voler, les oiseaux de siffler, le vent est tombé. Le silence est complet. Immobilisé. Tambourine dans sa poitrine le battement vif de son cœur. Et voilà que les mots s’articulent. Dis, tu veux sortir avec moi? Le bruit de ce cœur est si fort qu’il prend toute la place, il recouvre même le ricanement gêné de cet adolescent niais qui se tient debout en face d’elle et lui dit non. Mais on reste amis?

La réponse est là au moins, c’est une réponse franche, une réponse qui dit non, ton amour je n'en veux pas, je n'en veux pas comme ça. La douche froide qui remet les idées en place. C'est douloureux mais c'est ainsi. On ne peut pas entrer chez l'autre sans son accord. Pourtant peu de gens ont le courage de dire non.

La plupart du temps, la réponse est un entre deux. C’est le pire à redouter. C’est déjà trop tard, c’est inutile, le charme est rompu. C’était juste une erreur, un malentendu. Il n'y a rien à ajouter. La passion ne s'explique pas. L'élan d'une personne vers une autre. Soit on est sur la même longueur d'onde, soit on ne l’est pas.

A ce moment-là, les mots ne servent plus à rien... 

mardi 5 mars 2013

Pensées emmêlées: Et si c'était vrai?

Des feuilles circulent, anonymes. Du papier sur lequel il avait fallu coucher quelques mots, pour parler de soi. Un exercice classique pour se présenter. Ces feuilles circulent et endossent tour à tour d'autres voix et voilà que j'entends mes mots résonner dans le corps d'un autre. Des mots parmi tant d'autres. Je crois que ça me donne le tournis.

Au même instant, le silence dans la salle devient plus attentif. Chacun tend l'oreille, surpris? ému? étonné?

... "C'est joliment dit!"

Approbation générale et puis le murmure revient et chacun retourne à ses occupations alors que moi je m'arrête là. Une légère chaleur à mes tempes, un coeur qui bat un peu plus fort, le regard qui scrute les visages alentour. 

Et si c'était vrai?

Si c'était vrai que j'avais la facilité d'aligner les mots, si c'était vrai qu'il y avait une humanité particulière qui s'en dégageait timidement, si c'était vrai qu'il m'arrivait de toucher l'autre parfois, de le faire raisonner. Si c'était vrai... 

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mardi 26 février 2013

Instants croqués: la maison sous la maison

On construirait un tunnel sous la terre qui irait de ma chambre à la tienne. Avec une trappe à la place du carrelage, sous le lit exactement. On se rejoindrait autant qu'on en a besoin, autant qu'on en a envie surtout, le jour, la nuit, à l'heure du repas, à l'heure du bain, à l'heure des devoirs, à l'heure où ce n'est pas possible, à l'heure où ce n'est pas raisonnable, à l'heure où ce n'est plus l'heure. On irait de l'un jusqu'à l'autre et puis après, si on veut, on irait n'importe où. Notre tunnel pourrait bien se poursuivre sous la ville, sous les champs, sous l'océan. On pourrait parcourir le monde entier ou rester tout près, ce serait la même chose. Et puis on reviendrait.

Personne ne se douterait de rien.

Notre monde serait souterrain, un monde caché où tu serais la seule à savoir me rejoindre. Un monde à inventer. Avec autant de galeries que de chemins possibles, avec des petites bougies partout pour ne plus avoir peur, avec nos livres, nos jouets, nos musiques, nos souvenirs et nos projets. Avec des couettes et des oreillers, et pourquoi pas une cheminée.

Un monde extraordinaire dont personne ne se doute. Juste là, en dessous. On pourrait même l'oublier pendant des années. Il resterait à sa place, immuable, n'attendant que nous pour prendre vie à nouveau.

C'est la seule chose nécessaire. Une maison sous la maison.

Un espace secret et infini, que l'on remodèle à loisir, un refuge où l'on se cache et d'où l'on s'évade aussi.

vendredi 20 janvier 2012

Ecrire

Je ne sais pas écrire. Je n’y arrive pas.
Je veux dire. Je ne sais pas vraiment raconter des histoires. C’est un fait. Mes essais sont fades et convenus parce que je ne sais ni inventer ni sortir de moi-même. Je ne sais pas briller. J’espère que vous n’êtes pas déçus.

Rien à inventer.
Je ne sais pas mélanger, broder, brouiller les pistes. Je ne sais pas travestir.

Si je ne raconte pas des histoires alors je dis la vérité ?
C’est pourtant dommage de ne pas mentir parfois. Et c’est plutôt indécent de parler de moi. Qui ça peut bien intéresser ?
Je pourrais parler des autres. Mais de quel droit ? Je n’aime pas parler à la place des autres.

Je ne veux pas parler des gens que je connais. Leur vie ne m’appartient pas.
Je ne sais pas parler de ceux que je ne connais pas. Trop loin de moi.

Alors je me parle à moi-même. En ne partant de rien. Juste de ce qui me vient. Je dessine des visages vides sans fin. Comme je vide mon esprit.
Au début, il n'y avait rien. Et puis il y eut le verbe.

J’écris comme je parle. Je parle comme je vis. Difficilement. Entièrement. De tout mon être.

Ecrire, c’est simplement vivre. Et retranscrire. Se rapprocher de soi-même pour atteindre les autres.
Et plus j’écris, plus je deviens translucide. On entre en moi à livre ouvert.

D’ailleurs, souvent je me demande, comment peut-on oser écrire ?
C’est absurde ! Quelle prétention.

« Et toi, qu’est ce que tu fais dans la vie ? » « Moi ? Je vis. J’écris ce que je suis. Et j’en vis. »

Qui peut se payer le luxe d’écrire pour en vivre, sincèrement ?

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vendredi 9 décembre 2011

Enfanter

Il est six heures du matin.

La chambre est close, les lumières feutrées. Tu t'enroules dans le lit en chien de fusil, engourdie par une fatigue irrésistible. Tu as peur de perdre connaissance. Une peur ancestrale. Archaïque. Perdre ton esprit et mourir peut-être.

 

Pourtant tu es extrêmement consciente. Tu te tournes, tu te retournes, tu cherches une position supportable. Tu te laisses glisser à terre, tu ne sais plus tenir cette masse de corps si lourde et douloureuse qui t'anéantit. Tu te sens partir. Dans un dernier élan de vitalité, tu t'accroches à Isabelle.

Ton corps se met en marché malgré toi. Tu ne sais pas d’où te vient cette nécessité mais tu ne peux y résister, c’est inouï. Mûe par le besoin irréfrénable de te relever, tu rassembles les quelques forces qu’il te reste. Tu n'es plus que douleur. Et voilà que tout s’accélère.

 Debout, fermement ancrée sur tes deux jambes, la poitrine vissée sur le lit, la tête dans l’oreiller, les mains lacerrant les draps, tu pousses. Tu ne peux plus bouger. Il ne peut en être autrement. Tu pousses comme jamais. Isabelle s'accroupit comme elle peut pour accueillir l’enfant en douceur. 

 

Une dernière impulsion t’envahit, un long râle sort du fin fond de tes entrailles. Tu pousses de tout ton être. Tes bras, tes hanches, tes jambes, jusqu'au bout des ongles. Il faut que ton bébé sorte, il faut que la douleur cesse. Isabelle te guide de sa voix.

Et voilà ton bébé qui descend. Tu ressens les moindres plis de sa peau, les moindres recoins de son être te traverser et sortir de toi. Première reconnaissance. Cet instant est surnaturel, éprouvant, terrassant et salutaire. La délivrance. On ne pouvait trouver mot plus juste.

Chaque seconde est gravée en toi. Dans ta chair et dans ton âme. Épreuve de vie. Instinctive, animale, charnelle, viscérale. Il y a un avant et un après. C’est indescriptible.

 

Tu l’as mise au monde.

Sans assistance médicale. Seule avec tes armes. Et ta sage-femme. Tu n'es plus la même.

Et son père toujours auprès de toi, te rassurant de ses mots, dans le creux de l'oreille. Sa main ferme et apaisante. D’un secours inestimable. Tu n'imaginais pas qu'il aurait cette force-là, ce calme-là, jusqu’au bout.

 

Tu entends un cri. Tu ne la vois pas encore car elle est née à tes pieds, mais ton corps se réveille, à l’affût, en alerte. Tu te mets à la chercher, guidée par le son de sa voix. C'est inné, irraisonné. Le besoin de la protéger, de la dissimuler. Isabelle te demande de t’allonger. Tu peux enfin la découvrir. Tu la contemples, tu la renifles, tu lui murmures l'étendue de ton amour, tu l’embrasses. Et tu la nommes enfin.

Blanche. Ta fille. Ta toute petite. Ton enfant.

 

Le cordon est coupé. Lovée dans le creux de ton bras, Blanche se hisse jusqu'à ton sein. Une nouvelle vie s'anime. Il y a de la magie là-dedans.  

jeudi 24 novembre 2011

Bienvenue

Je me présente, je suis Géraldine Blanc, j'ai 31 ans et je suis la maman à la maison de trois jeunes enfants. Ca, c'est à temps plein.

 

Avant, j'ai aimé le théâtre, la littérature, le piano, le chant et le violoncelle.

Un jour, j'ai décidé de m'y remettre.

J'ai commencé par amener ma guitare en classe ( j'étais alors instit' et j'avais eu le grand bonheur - lorsque j'étais enfant et que j'allais encore à l'école - de rencontrer un instituteur qui avait une guitare et des chansons. ) J'y ai ajouté mon expérience théâtreuse, et j'ai monté un spectacle du Soldat Rose (de Louis Chédid)  avec mes élèves de CM1/CM2.

Leur voix, leur invention, leur plaisir, et ma guitare pour accompagner.

Dans la foulée, je me suis assise à nouveau derrière mon piano. J'avais 10 ans d'apprentissage comme bagage. J'ai retrouvé mes partitions et les chansons que j'avais aimées, qui m'avaient accompagnée. Et puis j'ai repris le violoncelle. Là, je débutais, mais j'avais envie d'y revenir, et d'aller plus loin. J'ai découvert le monde de l'orchestre et j'ai aimé retrouver l'accord des instruments au début des répétitions et des concerts, l'harmonie, le groupe.

J'ai arrêté d'être enseignante. J'ai commencé l'aventure de l'école à la maison avec mes trois enfants.

Et pour garder ma bulle d'oxygène, je me suis mise à écrire. Et dans l'écriture je me suis trouvée.

L'écriture se suffisait à elle-même. Plus que le théâtre, plus que la musique, plus que tout le reste. L'écriture me permet d'être complexe. D'être ici et ailleurs. De plonger en moi pour aller vers les autres. Retrouver le passé, inventer l'avenir. Il y a tant de libertés. Je ne suis plus à côté de la plaque.

J'ai découvert ma capacité à rester plusieurs heures à écrire sans ennui, sans effort, sans contrainte.

Lorsque j'écris, je deviens vivante. Je palpite, je ressens, je respire, je sublime. 

J'ai terminé il y a un mois l'écriture de mon premier roman: Une chanson lente.

Dans l'attente d'un retour éditeur, je me retrouve en période terne.

Je vis très difficilement l'attente. C'est une vieille histoire entre l'attente et moi. Mais là, c'est confirmé, l'attente m'use à petits feux. Je n'arrive pas à abandonner ce premier manuscrit, et tant que je n'arrive pas à l'abandonner, je n'arrive pas à m'investir dans de nouveaux projets.

L'attente comme toujours me fige. Je ne sais plus ni écrire, ni projeter, ni espérer, ni abandonner. J'attends. Je suis toute entière à l'attente. Je me tais, je me ferme et je laisse ma confiance s'émietter.

J'ai envoyé mon manuscrit à 13 maisons d'édition. J'ai pour l'instant reçu 5 refus par courrier. Il faut compter plusieurs semaines voire plusieurs mois avant d'avoir une réponse. Ca laisse le temps d'attendre. Ca lasse le temps d'attendre.

Si rien ne se passe, j'envisagerai la solution de l'édition à compte d'auteur.

 

En attendant....

il me faut écrire, il me faut partager, mes mots, ma musique, mes créations, mes interprétations. Il me faut rencontrer le regard des autres. Essayer d'élargir le cercle des lecteurs auditeurs amateurs... bah oui, c'est mieux d'avoir du monde derrière soi pour envisager l'auto-édition.

Voici donc mon blog. Un nouveau travail d'écriture. Ce ne sera pas un roman, mais plutôt des tranches d'écriture. Venue de mon roman ou d'ailleurs. Pour affiner mon style, pour tenter des chemins nouveaux.

Si la lecture de mes messages vous fait du bien, si cela vous intrigue, vous interroge, vous dérange, vous transporte, vous émeut, si mes mots vous parlent, inscrivez-vous et laissez-vous aller.... 

Bonne route !

Posté par baptisteruellan à 16:04 - Commentaires [4] - Permalien [#]
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