mardi 9 avril 2013

Renan Luce

Quand je me plonge dans l'univers d'un artiste que j'aime,  c'est toujours jusqu'à m'y noyer. Après plusieurs mois de Berry  intensifs, me voilà revenue à Renan Luce. Un peu comme les enfants je suis monomaniaque. Quand j'aime quelqu'un je l'aime entièrement, et je l'écoute, je le lis, je le relis, je le murmure, je m'en imprègne jusqu'à atteindre les mouvements de ses pensées jusqu'à les mêler aux miens, jusqu'à atteindre ses inspirations, ses soupirs, ses hésitations.

A vrai dire, j'aime certain(e)s auteurs, certain(e)s interprètes comme on cherche un homme, comme on trimballe ses amis. L'impression de se trouver pile au bon endroit. 

Je me sens portée par la musique (qui vient pour ma part souvent en deuxième plan, le premier contact étant celui des mots), je sens mon corps se mettre en mouvement, mes souvenirs s'éveiller, les mots s'inscrire dessus, goûteux, je les écoute mille fois avec le même plaisir, je suspend mon souffle en attente du ver, de l'association de mots, de la sonorité qui me renverse à chaque fois avec certitude. Ce presque rien, cet infiniment petit qui se glisse entre les mots, qui me lie à celui qui les prononce dans une vérité absolue qui colle absolument au corps, au coeur, au vécu, qui résonne, qui vibre, qui transcende, qui désarme.

Je m'habille de ces mots qui m'accompagnent. Ca m'aide à penser, ça m'aide à rêver, ça me fait palpiter. Ca m'aide à écrire aussi. Ca nourrit mon imaginaire et ça m'entraine au fond de moi. Je me surprends à y découvrir des nuances inconnues. Comment est-ce que je peux être toutes ces personnes à la fois? Comment peut-il y avoir une telle infinité en moi qui se crystalise pourtant en un unique endroit, un lieu exact. Là où ça fait du bien. Là où je me sens vivante.

Renan Luce fait partie de ces artistes que j'aime. Je suis sensible à ce qu'il dégage. Le grain de sa voix, les sonorités, les mots qui s'emmêlent, son regard, sa réserve, le monde qu'on imagine derrière la façade de quelques rimes, les images qui naissent comme des courts métrages, les émotions... Je l'ai vu une fois en concert, et il était tout aussi captivant. 

En ce moment je suis plutôt sur son premier album, Repenti (que je préfère au deuxième). J'avais déjà posté une vidéo de la chanson "I was here"

"Ouvrez les yeux car où que j'aille Je laisse derrière moi des entailles, des rayures

Et les gravats qu'il me reste Servent à combler ma tristesse, mes fêlures..."

 

Je découvre surtout l'Iris et la rose que je n'arrivais pas à écouter avant et que je me passe en boucle à présent (j'ai une affection particulière pour ces chansons qui résistent et qu'on ne rencontre que bien plus tard, une fois le reste de l'album assimilé...) 

"Une guêpe s'envole, se pose, butine

Et l'image cogne à ma rétine

Mais déjà mon regard est loin

Je ne sais plus voir le quotidien...

J'aimerais réveiller sans mémoire

Redécouvrir ce que je peux plus voir"

 

Il y a aussi 24H01 que j'aime tout particulièrement:

" Une minute pour se faire la belle

Avoir la lune sous mes semelles

Et les cheveux dans les étoiles

Une minute pour se faire la malle

Et ne plus être ce type normal

Coincé devant le p'tit écran

En rêve j'ai plus de cran

L'aiguille hors du cadran

A 24H01" 

 

Pour ne pas citer les plus connues ("Les voisines", "la lettre", "repenti", "mes racines" -magnifique aussi!)

Et dans son deuxième album, le clan des miros, il y a aussi "Nantes", j'ai un faible pour "Les gens sont fous", la musique de "la rue de l'oiseau lyre", "on n'est pas à une bêtise près", "Aux timides anonymes"..) et là la chanson qui résiste et que je découvre avec ravissement c'est  "Chez toi". Non, en fait il est bien aussi ce deuxième album :)

Commercial, pas commercial, à vrai dire, ça m'est égal. j'ai juste en face de moi quelqu'un qui fait écho en moi, qui éveille des images, des textures et des envies, qui m'amène à creuser et à rêver. Y a de l'humanité qui résonne et c'est la seule chose qui me pousse vers un artiste.

Une interview ici pour ceux que ça intéresse, car il est plaisant aussi à entendre parler

 

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mardi 15 janvier 2013

Les réseaux sociaux

J'aime Internet. Je participe  -plutôt beaucoup- aux réseaux sociaux. J'avoue!

Facebook, Twitter, Babelio, + les blogs ... 

J'aime observer de loin une part des autres, une part des hommes. La partie émergée de l'iceberg, bien entendu, mais quand même. Il y a un peu de nous dans ce que l'on donne à voir. Les singularités, les excès, les coups de gueule. Les élans spontanés ont pour moi quelque chose d'attachant.

Il y a autant de façons d'être sur la toile que d'êtres vivants derrière leur écran et c'est tant mieux! J'aime cette instantanéité, ces mélanges de genre improbables, ces bribes d'humanité. 

Il y a les contestataires, il y a les rigolos, les réacs, les naîfs, les susceptibles et surtout, il y a les timides. Ces invisibles qui prennent consistance et que l'on rencontre enfin. 

Il y a ceux qui sous-marinent mais n'en loupent pas une miette, ceux qui accaparent tout l'espace et puis les autres. Ceux qui ne sont que de passage.

Il y a ceux qui s'expriment en gardant une distance, ils rebondissent par une pirouette ou un bon mot. Il y a ceux qui se livrent intimement, entièrement, ils se donnent, sans même penser se protéger. Avec excès sans doute, mais j'apprécie la générosité de ces élans-là. Il y a ceux qui partagent les mots des autres pour parler d'eux-mêmes, parce que c'est bien écrit, parce que ça fait écho, parce que ça ramène à l'universel de ce que l'on a enfoui en nous.

Il y a ceux qui affirment haut et fort leurs idéologies, politiques, éducatives, morales. Il y en a d'autres qui sont là pour se faire connaître, parce qu'ils ont fait le pari fou de monter une entreprise, un commerce, un spectacle ou parce qu'ils se sont découvert des talents cachés, une sensibilité particulière qu'ils peuvent partager à loisir.

Il y a les couples qui étalent avec fougue les grands bonheurs des débuts, et puis le temps passant, les statuts se tassent et s'ankylosent pour ne se raviver qu'à l'occasion d'un anniversaire de mariage. Il y a les parents d'enfants en bas âge qui ont enfin à portée de main un lieu où déposer les galères, les fatigues et les émerveillements, de jour comme de nuit ( la nuit occupe un temps certain quand on est un jeune parent ). Il y a les blagounettes, les citations, les parodies, les musiques, les vidéos, les recettes de cuisine, les photos d'artiste. Il y a aussi les photos d'animaux dans des accoutrements pas possibles, les enfants qui grandissent, les voyages au bout du monde, le soleil en hiver, les décalages horaires, les paysages vertigineux et aussi les photos de soi, les filles sexies qui récoltent 59000 j'aime et 200 commentaires "waouh, t canon!" et les autres, les filles moins jolies qui s'en sortent avec un "la photo est superbe", "la robe te va bien" ou "t'es trop mimi". 

Il y a les morts aussi parfois qui gardent une place.

Le virtuel a ceci de magique qu'il abolit les distances. D'ici à l'au-delà, il n'y a pas plus de chemin qu'entre moi et l'ordinateur voisin. La réciprocité en moins. Bien sûr.

Alors voilà, il y a ce que l'on dépose, ce que l'on expose, en connaissance de cause, et puis il y a le retour des gens.

On ne s'en soucie pas parait-il. Mais parfois, les commentaires tombent juste et réchauffent le coeur. C'est impalpable mais c'est une sacré source d'énergie. Parce que dans ces échanges miniatures, dans ces secondes partagées, on sait qu'on a un peu rencontré l'autre. Juste la partie émergée de son iceberg bien sûr, mais quand même...

J'aime Internet. 

 

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Berry

En ce moment, j'écoute en boucle Berry.

Je ne sais pas si vous connaissez. Je l'ai découverte avec son premier album "Mademoiselle" il y a un peu plus de 4 ans. Cet album est un petit bonbon, sucré, acidulé... Une voix sensuelle et souriante, des musiques simples, et le mariage des deux donne un tout envoûtant. Je me laisse bercer, je me laisser aller, ses mots font remonter les souvenirs, les émotions, les sensations. C'est savoureux. On dit de Berry qu'elle est la néo Françoise Hardy. Je n'aime pas ses rapprochements douteux, pas besoin d'être quelqu'un d'autre pour exister. Je trouve que ça ne lui va pas.

J'aime Berry, c'est doux, c'est feutré, envoûtant, ça accompagne, j'aime lui garder une place près de mes maux, ça accompagne mes humeurs, ça réchauffe le coeur, ça fait rêver, ça laisse les pensées s'évader, s'entremêler... j'adore ça... Je reste particulièrement attachée au premier album qui compte quelques petits bijoux (beaucoup d'ailleurs si je fais le compte)  :

"Le Bonheur" bien sûr, son "tube" (les paroles sont juste magnifiques)  

 "N'ayez pas peur du bonheur, il n'existe pas, ni ici, ni ailleurs....

berry

Nous allons mourir demain

 Ne dites plus rien

 Le bonheur conjugal

 Restera de l'artisanat local

Laissez-vous aller, le temps d'un baiser... Mmmhhh je vais vous aimer... "

Berry - "Le bonheur" (Clip)

   

Mais aussi "Mademoiselle", "Belle comme tout", "Love affair", "Plus loin", "Demain", "Inutile", "Mon automobile". Ca fait déjà 8 chansons magnifiques sur 12 (les aurtes sont belles aussi, mais me touchent moins), c'est pas mal pour un album.       
Son deuxième album, je l'ai moins écouté, l'atmosphère est toujours là, douce et enfumée, on se laisse emporter... mais les paroles font un peu moins echo en moi. Même si j'apprécie particulièrement la simplicité percutante des petits "mouchoirs blancs", comme une berceuse pour les grands que nous sommes devenus...     
Je ne trouve pas de chouettes vidéos sur le net pour les partage ici, c'est dommage. De nombreuses vidéos en live mais qui ne rendent pas très bien... le son, l'intensité de la voix, de l'émotion, ça ne passe pas aussi bien que sur ses versions enregistrées, c'est dommage... Ceci dit, je ne l'ai pas encore vue en concert, note pour plus tard ;)                
Allez, une dernière pour la route...  vidéo "Inutile"                    
"De temps que je me souvienne 
L'utile et l'inutile
Les bribes qui me reviennent 
Ne sont que foutaises futiles
L'amour mène au désamour 
Ne nous y trompons pas
Hélas mon ami d'amour 
Je crains que nous n'y échappions pas
Que n'ai-je appris les usages 
Les coutumes, les serments
Je redoute tant les présages 
Bons ou mauvais tout me ment

Nous nous reverrons je crois 
Peut être une autre fois
Nous nous reverrons j'espère 
Mais ce soir nous en resterons là
 
Pourrais-je vous croire un moment 
Mon ami, mon amant
Serais-je vous laisser le temps 
De dompter mes tourments..."
                                                                                              Douce journée à vous... !

 

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jeudi 1 novembre 2012

Anna Gavalda

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J'ai découvert Anna Gavalda il y a 5 ans avec le roman "Je l'aimais". Petit roman que j'ai lu d'une traite et qui m'a émue autant par la forme que par le fond. 

C'est l'histoire d'une femme qui aime un homme qui est parti pour une autre. L'histoire d'un beau-père qui raconte à cette femme l'histoire de sa propre vie. Le bien, le mal, les regrets, la souffrance. L'amour surtout, qui tombe dessus et ce qu'on en fait.

"Le courage de regarder sa vie en face, de n'y voir rien d'ajusté, rien d'harmonieux. Le courage de tout casser, de tout saccager par... par égoïsme? Par pur égoïsme? Mais non pourtant... Alors qu'est-ce? Instinct de survie? Lucidité? Peur de la mort?

Le courage de s'affronter. Au moins une fois dans sa via. De s'affronter, soi. Soi-même. Soi seul. Enfin.

"Le droit à l'erreur", toute petite expression, tout petit bout de phrase, mais qui te le donnera?

Qui, à part toi?"

Anna Gavalda, c'est tout un monde. Je peux piocher dans n'importe quelle ligne de n'importe lequel de ses livres, et je me retrouve transportée. Ca se lit comme on boit un jus de fruits frais, comme on retrouve nos jouets d'enfant, comme on tombe amoureux. Un mot suffit et me voilà embarquée.

Elle arrive à extraire ce qu'il y a de plus beau, de plus gracieux, de plus subtil dans la vie de tous les jours, dans les relations aux autres. C'est léger et c'est profond. Ca coule de source.

Et surtout, surtout, ça élève. Ca donne envie de rire, envie de croquer la vie, envie d'aller à l'essentiel surtout. Ne plus se laisse distraire par ce qui nous encombre. Rêver, vibrer, aimer, pleurer. Tous les sentiments y passent, tous les sentiments sont bons à vivre. Plus c'est bordélique et meilleur c'est. Le tourbillon de la vie. Ca donne envie d'en finir avec l'hypocrisie, d'en finir avec l'aseptisé, ça donne envie que la vie déborde, qu'elle dégouline.

Oui, c'est ça. Je lis Anna Gavalda comme je mangerai avec les doigts! Avec délice. Comme je rigolerai sous une couette avec ma copine, comme je transgresse un interdit,comme je sers contre moi tous ceux qui me sont chers à les étouffer, comme je regarde mes enfants vivre à mes côtés. Ca se lit comme on rit et comme on pleure. L'émotion nous traverse, nous émeut, nous bouleverse et s'évanouit. Et après avoir lu, il reste juste un p'tit quelque chose qui va nous accompagner longtemps. Un concentré de vie. Le sentiment d'avoir été vivant. Le besoin d'y revenir. Ne reste plus qu'à prendre sa vie en main. Ne plus se contenter d'à peu près. Vivre tout son saoul, sans arrangements, sans faux semblants. Voir grand. Et se relever les manches.

Alors voilà, en ce moment je relis Anna Gavalda et j'avais envie de le partager, c'est un régal! (et oui, à défaut d'écrire, je lis...!)

J'ai gardé le meilleur pour la fin avec cet extrait du roman "L'échappée belle":

" On va mettre ça sur le compte de la fatigue mais je me suis surprise à patauger dans la guimauve. Grosse bouffée de tendresse pour ces trois-là et intuition que nous étions en train de vivre nos dernières tartines d'enfance...
Depuis presque trente ans qu'ils me faisaient la vie belle... Qu'allais-je devenir sans eux? Et quand la vie finirait-elle par nous séparer?
Puisque c'est ainsi. Puisque le temps sépare ceux qui s'aiment et que rien ne dure.

Ce que nous vivions là, et nous en étions conscients tous les quatre, c'était un peu de rab. Un sursis, une parenthèse, un moment de grâce. Quelques heures volées aux autres...

Pendant combien de temps aurions-nous l'énergie de nous arracher ainsi du quotidien pour faire le mur? Combien de permissions la vie nous accorderait-elle encore? Combien de pieds de nez? Combien de petites grattes? Quand allions nous nous perdre et comment les liens se distendraient-ils?

Encore combien d'années avant d'être vieux?

Et je sais que nous en étions tous conscients. Je nous connais bien.
La pudeur nous empêchait d'en parler, mais à ce moment précis de nos chemins, nous le savions.
Que nous vivions au pied de ce château en ruine la fin d'une époque et que l'heure de la mue approchait. Que cette complicité, cett tendresse, cet amour un peu rugueux, il fallait s'en défaire. Il fallait s'en détacher. Ouvrir la paume et grandir enfin."94292_l-ecrivain-anna-gavalda-le-15-mars-2008-au-salon-du-livre-a-paris

 

 

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jeudi 30 août 2012

Je bois de l'eau et je suis saoule, Camille

Et voilà, le manuscrit est parti au concours Gallimard en un clic. C'est étrange les nouvelles technologies parfois. Ca laisse un sentiment de vide.

Des mois de travail intense et passionnants. Je ne me sens pas encore au bout mais j'arrête, c'est l'échéance. Je remplis un formulaire en quelques minutes, je télécharge un fichier et voilà c'est fini. Pour le moment en tous cas... :) Cette expérience m'a ouvert de nouveaux horizons et écrire pour les ados, ça s'inscrit en moi comme une évidence, ça m'inspire. Du coup, j'ai des envies en pagaille! 

Bon et sinon, pourquoi ce titre au roman???

C'est une phrase extraite d'une chanson de Camille. Je vous mets le clip en vidéo. Camille, je suis allée la voir en concert pour la première fois cet été aux Nuits du Sud à Vence. C'était fascinant. Et cette chanson -qui me trottait déjà dans la tête depuis un moment- colle parfaitement à mon roman. Je vous laisse les paroles juste en dessous. Je me suis toujours demandé d'ailleurs si cette chanson n'était pas elle-même inspirée de la chanson de Nougaro: "Une petite fille". Je ne peux plus écouter l'une sans penser à l'autre.

Camille - Au Port

"Hé! petite fille tu bois de l'eau et tu es saoule
là où tu te noies tu as beau avoir pied tu coules
Au port

Hé! petite folle! c'est pas la brasse c'est le crawl
pour la traversée il t'aurait fallu des épaules
du corps

Mais lui c'est différent, il est né sur l'océan,
c'est un grand capitaine, un amant monument,
tu t'es perdue dedans...

Hé! petite fille! on n'est jamais deux à partir
y'en a toujours un pour larguer l'autre pour languir
au port

Hé! petite cruche! avec tes pots de confiture
tu partiras en sucette mais pas à l'aventure
au Nord

Mais lui c'est différent, il est né sur le Mont Blanc,
c'est un grand alpiniste, un amant monument,
tu as perdu sa piste...

Hé! petite nonne! suis l'Au-delà si tu le trouves
le ramène pas au cardinal pour qu'il te l'ouvre
encore

Hé! petite larve! je suis toi-même et je te parle
tu es déjà grande alors lève toi sors de ta cale
Au port
ton coeur de petite fille est mort.

Hé! petite fille! à ta droite l'Arc de Triomphe
Hé! petite fille! à ta gauche il y a dieu qui ronfle
Hé! petite fille! devant il y a les pyramides
Hé! petite fille! derrière l' génie de la Bastille."

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dimanche 12 août 2012

Lettre d'une inconnue, Stephan Zweig

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 Ce livre n'a bien sûr rien d'une nouveauté mais il fait partie de ceux qui vous marquent et continuent de vous accompagner toute une vie. Je l'ai découvert il y a 15 ans je pense. C'est très court (même pas 40 pages) et très dense.

Je suis allée voir la pièce de théâtre aux Mathurins l'année dernière et c'était magnifique de pouvoir entendre ce texte que je connais si bien. Ce sont des mots à murmurer, à dire, à entendre, à recevoir, à reprendre et répéter sans fin. Des mots à savourer. Au-delà du plaisir de les lire. 

J'aime ce texte comme on peut aimer une chanson ou une poésie, pour sa sonorité, pour son rythme, ses répétitions, ses envolées lyriques parfois.

J'aime l'histoire de cette femme, cet amour absolu. J'aime cette femme.

J'aime le silence de toute une vie, l'amour dans l'ombre, le trop qui ne pourra jamais se dire.

 Comment tenter d'écrire encore quand de telles lignes ont déjà été écrites ?...... 

Je place quelques extraits mais c'est la nouvelle entière qu'il faut lire, c'est un tout qui fait sens. Et chaque extrait devient plus bouleversant encore lorsqu'il est inclus dans la dynamique fatale de l'histoire.

"Je restais assise chez moi; pendant des heures, pendant des journées je ne faisais rien que penser à toi, y penser sans cesse, me remémorant toujours de nouveau les cent petits souvenirs que j'avais de toi, chaque rencontre et chaque attente, et toujours me représentant ces petits épisodes, comme au théâtre. Et c'est parce que j'ai évoqué ainsi d'innombrables fois chacune des secondes de mon passé que toute mon enfance est restée si brûlante dans ma mémoire, qu'aujourd'hui encore chaque minute de ces années-là revit en moi avec autant de chaleur et d'émotion que si c'était hier qu'elle eût fait tressaillir mon sang."

"Je me suis rendue compte plus tard - ah ! je m'en rendis compte bientôt - que ce regard rayonnant, ce regard exerçant autour de toi comme une aimantation, ce regard qui à la fois vous enveloppe et vous déshabille, ce regard du séducteur né, tu le prodigues à toute femme qui passe près de toi, à toute employée de magasin qui te vend quelque chose, à toute femme de chambre qui t'ouvre la porte; chez toi ce regard n'a rien de conscient, il n'y a en lui ni volonté, ni attachement; c'est que ta tendresse pour  les femmes, tout inconsciemment, donne un air doux et chaud à ton regard lorsqu'il se tourne vers elles. Mais moi, une enfant de treize ans, je n'avais pas idée de ce trait de caractère: je fus comme plongée dans un fleuve de feu."

"cette unique seconde suffit à faire une femme de l'adolescente que j'étais, et cette femme fut à toi pour toujours."

"J'étais toujours occupée de toi, toujours en attente et en mouvement; mais tu pouvais aussi peu t'en rendre compte que de la tension du ressort de la montre que tu portes dans ta poche et qui compte et mesure patiemment dans l'ombre tes heures et accompagne tes pas d'un battement de coeur imperceptible, alors que ton hâtif regard l'effleure à peine une seule fois parmi des millions de tic-tac toujours en éveil."

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lundi 6 août 2012

marmites et vieilles sorcières, Kikoum

Un nouveau message pour inaugurer ma nouvelle rubrique: PARTAGER

Et ça mérite que vous vous arrêtiez un instant pour aller jeter un coup d'oeil sur ce blog: marmite et vieille sorcière

C'est le blog d'une amie à moi qui  travaille à son compte en tant qu'illustratrice jeunesse: Kikoum

Ce qu'elle fait est magnifique. J'adore son coup de crayon, son univers, les couleurs, les personnages. C'est doux, c'est frais, c'est expressif. 

J'attends le jour où je pourrai enfin avoir un livre à elle à raconter à mes pitchounes... En attendant, elle travaille d'arrache-pieds et son univers s'enrichit de jour en jour.

N'hésitez pas à liker sa page fb ou à vous inscrire sur son blog  

 

Voici quelques-une de ses illustrations pour vous donnez envie d'aller faire un tour chez elle :)

Bonne journée

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dimanche 5 août 2012

La ballade de l'impossible, Haruki Murakami

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J'ai commencé par lire "Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil" de Haruki Murakami, un petit roman qui se lit d'une traite et j'ai enchaîné tout aussitôt avec "La ballade de l'impossible" . Je découvre Haruki Murakami, ça fait un petit moment que ses écrits me faisaient de l'oeil, mais je ne savais pas par où commencer. J'ai vu que certains de ses livres partaient dans le fantastique, alors j'ai commencé par les autres. J'ai adoré.

Je déteste parler des livres que j'ai lu, j'ai soit l'impression d'être creuse, soit d'être trop alambiquée. Comme je suis incapable de donner mon point de vue sur la qualité d'une interprétation en musique classique. C'est comme s'il y avait des subtilités à percevoir que seuls les initiés peuvent apprécier. Il faut passer du côté de la critique, de l'interprétation. Ce n'est pas mon truc.

Quand je lis un livre, je suis binaire. J'aime ou je n'aime pas. Je suis touchée ou non.

J'aime lire et faire lire.

Et c'est pourquoi je vous propose cette nouvelle catégorie sur mon blog: "Lire".

Pour enrichir aussi mes écrits des mots qui me marquent. Dans ce livre, j'ai aimé la complexité des relations humaines (amoureuses et amicales), la maison de repos et la gestion de la maladie et des sentiements. J'aime aussi la culture japonaise, et lire des noms de lieux, de plats, de personnages japonais.

 

" Elle est comme ça de temps en temps. Elle s'énerve et elle pleure. Mais ce n'est pas grave en soi. Puisqu'elle exprime ses sentiments. C'est quand on ne peut plus le faire que cela devient dangereux. alors, les émotions s'accumulent à l'intérieur du corps et se durcissent. Toutes sortes de sentiments se figent et meurent à l'intérieur du corps. Et c'est terrible."

 "Je pensais que tout irait bien tant qu'il serait à mes côtés, continua-t-elle. Dans la mesure où il était près de moi, je ne risquais rien. Vous savez que dans ce genre de maladie, c'est ce sentiment de confiance qui est le plus important? Je n'avais qu'à le laisser faire, dès que j'irais un peu plus mal, c'est à dire quand les écrous commenceraient à se desserer, il s'en apercevrait aussitôt et s'empresserait d'y remédier avec précision et courage, il démêlerait la pelote. Tant qu'il y a cette sorte de confiance, la maladie ne réapparaît pas. L'existence même de ce sentiment fait qu'il n'y a pas d'explosion."

" Il m'a dit qu'il ne supportait pas les hôpitaux. (Elle se mit à rire.) Sur ce plan, il était resté un enfant, tu sais. Tu ne trouves pas? Personne n'aime les hôpitaux, n'est-ce pas? C'est pour cela qu'on rend visite aux malades, pour les réconforter. C'est pour les encourager à guérir. Il ne comprenait pas bien cela, tu vois."

"Dis moi, pourquoi est-ce que tu n'aimes que les gens qui sont comme ça? dit Naoko. Nous sommes tous les trois un peu fêlés quelque part, un peu tordus, nous ne savons pas nager et nous perdons pied peu à peu. Moi, Kizuki, et Reiko l'était aussi. Tous les trois. Pourquoi ne peux-tu pas aimer des gens plus normaux?

_ Parce que ce n'est pas ce que je pense, lui répondis-je après avoir réfléchi un instant. Je n'arrive pas à croire que toi, Kizuki et Reiko, vous soyez tordus. Ceux que je trouve fêlés sont tous dehors et en pleine forme."

" Je crois qu'il ne faut pas attacher trop d'importance à ce qui vous arrive. C'est merveilleux d'aimer quelqu'un et si cet amour est bien réel, personne ne vous précipitera dans une situation inextricable. Soyez confiant. Mon conseil est très simple. Premièrement, si vous êtes très amoureux de cette personne [...], c'est normal que vous succombiez. Cela peut se passer plus ou moins bien. Mais c'est cela l'amour. Quand on aime, il est naturel de s'abandonner. C'est ce que je crois. C'est aussi une forme de sincérité."

" J'avais découvert que la mort n'était pas à l'opposé de la vie, mais en faisait partie. C'était vrai. Vivre fait que nous créons en même temps la mort. Mais ce n'était qu'une partie de la vérité. [...]Quelque soit notre vérité, la tristesse d'avoir perdu quelqu'un qu'on aime est inconsolable. La vérité, la sincérité, la force, la douceur, rien ne peut calmer la douleur, et, en allant au bout de cette souffrance, on apprend quelque chose qui ne nous est d'aucune utilité pour la prochaine vague de tristesse qui nous surprendra."

"Naoko fêta ses vingt ans.  [...] J'avais l'impression que nous étions plus proches, elle et moi, de dix-huit et de dix-neuf ans. Après 18 venait 19, et après 19, 18... C'était mieux ainsi. Mais elle venait d'avoir 20 ans. Et moi, j'aurais 20 ans à l'automne. Seuls les morts avaient toujours 17 ans."

" Mais la conversation de Naoko ne dura pas longtemps. Je m'aperçus soudain qu'elle était terminée. Des mots inachevés flottaient dans l'air, comme arrachés on ne savait d'où. Pour être exact, son discours n'était pas fini. Il s'était tout bonnement évaporé. Elle essayait bien de continuer à parler, mais il n'y avait plus rien. Quelque chose s'était perdu. C'était peut-être omi qui le lui avais fait perdre."

"J'ai toujours eu soif d'affection. J'aurais voulu au moins une fois dans ma vie recevoir de l'amour à satiété. Au point d'en être écoeurée et d'en refuser d'avantage. Une seule fois, juste une seule fois."

"C'est bien de pouvoir écrire une lettre à quelqu'un. C'est vraiment épatant d'avoir envie de dire ce que l'on pense à quelqu'un, de s'asseoir à son bureau, de prendre la plume et de pouvoir l'écrire ainsi. Bien sûr, en écrivant, je n'arrive à exprimer qu'une partie de ce que je veux dire, mais cela ne me gêne pas. Pour l'instant, le seul fait d'avoir envie d'écrire quelque chose à quelqu'un me rend heureuse. C'est ainsi que je t'écris."

"Ailleurs, les médecins restent des médecins, et les patients, des patients. Les malades attendent du secours de leur médecin, et les médecins daignent secourir leurs malades. Mais ici, nous nous soutenons réciproquement. Nous sommes des miroirs l'un pour l'autre.  [...] Ils ont l'oeil sur nous et, quand ils s'aperçoivent que nous avons besoin de quelque chose, ils se précipitent à notre secours, mais dans certains cas, c'est nous qui venons à leur aide. Parce que, pour certaines choses, justement, nous sommes supérieurs à eux. Par exemple, j'enseigne le piano à l'un d'entre eux  [...]. Il existe pas mal de gens doués pour une spécialité parmi ceux sui sont malades comme nous. C'est pour cela qu'ici nous sommes tous égaux. Les malades, l'équipe soignante, et vous aussi. Tant que vous êtes là, vous êtes l'un d'entre nous, je vous viens en aide et réciproquement.  [...] Vous venez en aide à Naoko, et elle vient elle aussi à votre secours."

 

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mercredi 30 mai 2012

Entre d'eux gouttes, Artéchanges

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Je veux partager avec vous cette vidéo.

Ce n'est ni de l'écriture, ni de la chanson (enfin si malgré tout , il y a de l'écriture et de la chanson là-dedans!), c'est une chorégraphie de Marguerite Salvy, interprétée par ses élèves Cécile Mérentier et Anthony Barreri. Ca commence sur un air bien connu de Brassens, "Un p'tit coin d'parapluie". C'est touchant et poétique. J'aime beaucoup. Je voulais le partager ici !

Et pour la page facebook de la compagnie Artéchanges, c'est par

Artéchanges est une association et une compagnie de danse-théâtre vouée aux échanges culturels et artistiques et à la solidarité internationale 

 

 

 


Entre d'eux gouttes

artéchanges | Myspace Video

 

http://www.myspace.com/video/vid/61027851

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lundi 12 mars 2012

William Sheller

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Le soir, nous sommes allés écouter un concert. Côté spectateurs pour une fois. Un homme en noir et son piano. En solitaire.

Les copains étaient au devant. Moi j'étais seule avec toi, au septième rang. J'observais ses mains sur le clavier, ses pieds aux pédales. Le gauche battant la mesure, perpétuellement.

Seul avec son instrument. Sans partition, sans fil conducteur, sans prompteur. Juste sa mémoire et ses chansons. Un grand moment de bonheur. Quelques histoires, des anecdotes. Comment ces notes étaient venues jusqu'à lui. J'aimais ses mots, j'aimais ses mélodies. J'aimais ce monsieur-là.

Sa voix aiguisait mes sens, amplifiait mes frissons, abolissait les dernières résistances. Ton bras autour de mes épaules. Il n'y avait qu'à vivre. Savourer l'intensité du moment. Et s'oublier.

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