jeudi 6 décembre 2012

Instants Croqués: le pique-nique

Faire cuire des pâtes, sortir une tranche de jambon. Y ajouter un morceau de fromage et une clémentine. Remplir la carafe d'eau. Un déjeuner comme un autre. Mettre la table et crier: "à taaaaaaaaable!".

Oh, une petite fille était déjà juste là, derrière moi. "Dis maman, on pique-nique comme une autre fois?"

S'entendre répondre "non". Par reflexe, par flemme, par programmation figée. Chercher des raisons bidons: pas aujourd'hui, demain. Pas le temps, il faut se dépêcher pour l'école. Une prochaine fois, j'ai déjà tout préparé... Non, il faut, on doit.

S'arrêter.

Lâcher prise. Se laisser faire, se laisser aller, se laisser emporter par l'enfance. Saisir le jeu. Revenir sur sa décision: "Ok pour le pique-nique. Tu sais où on va?". Ressentir une petite excitation, comme une pointe d'adrénaline qui se diffuse tranquillement et nous rappelle qu'on est vivant. Bousculer le programme, sortir un plateau, entasser les assiettes et les verres, partir à l'aventure. S'étaler par terre au milieu des jouets dans la chambre des enfants. Pique-niquer tous ensemble. Ouvrir les portes de l'imaginaire.

Rien de plus. Rien de moins.  

C'est extra ordinaire...

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mercredi 5 décembre 2012

Instants Croqués: la caissière

Rejoindre mon îlot, dérouler la monnaie, allumer les lumières, enclencher le tapis, ouvrir la caisse. Un sourire, un signe de tête. Bonsoir monsieur, vous avez la carte du magasin? Des rituels, des gestes mécaniques, des codes à respecter. Mais surtout être seule. Etre seule derrière ma caisse et observer les gens avec ravissement, les réactions, les attitudes, les agacements, les politesses, deviner les personnalités. Désenclencher les conflits, chercher le regard, entrer en relation.  

Travailler comme on se vide la tête, comme on prend une bouffée d'air. Sans conséquences. Je n'avais jamais connu ça. C'est un plaisir.

En vous remerciant, bonne soirée messieurs dames.

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mardi 4 décembre 2012

Instants Croqués: le rayon de soleil

Le canapé est vide. A sa place, immuable, contre la baie vitrée. Un rayon de soleil l'éclaire en partie.

Je ne résiste pas. Je m'assois sur le cuir chaud, j'enroule mon corps sur chaque parcelle de lumière et je ferme les yeux. Je deviens chat.

La chaleur traverse mes vêtements, imprègne ma peau et me régénère à l'intérieur.

Si je pouvais, je ronronnerais!

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lundi 3 décembre 2012

Instants Croqués: la piscine

Non. Je n'ai vraiment pas envie. C'est l'hiver, il bruine, il fait nuit toute la journée. J'ai froid. Je déteste avoir froid. Et dire qu'il va falloir enlever mes couches de vêtements pour me retrouver en maillot de bain, entrer dans l'eau et contracter mon cœur de froid. C'est une torture. C'est la dernière fois.

Pourtant j'y retourne, chaque semaine. Et chaque semaine, je dois aller puiser au fin fond de mes ressources pour arriver jusqu'au bassin sans faire demi-tour!

Il y en a pour une heure. Dès 35 déjà je retrouve ma vitalité. Je tremble un peu mois, mes muscles se détendent, ma respiration s'apaise. Je peux toucher du doigt la fin de la séance et je me surprends à penser "je suis bien là en fait." Je n'impatiente pas encore la semaine suivante, non, n'exagérons rien, mais je savoure, simplement. Le sourire de mon fils et les yeux qui brillent. Et même si je suis déjà enroulée dans la serviette, peu m'importe, peu lui importe. C'est notre moment à deux. Un de ces moments qui font du bien. Ça pourrait être la pire activité du monde (y a pire que la piscine une fois par semaine en hiver??), le bonheur serait le même. Qu'importe le contenu pourvu qu'on ait l'ivresse...

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dimanche 2 décembre 2012

dimanche 2 décembre 2012

Bonjour à tous,

je vais essayer de reprendre du rythme sur ce blog, à commencer par la newsletter du dimanche.

Depuis la dernière fois, - de nouvelles chansons ont été postées: http://www.unechansonlente.com/archives/chanter/index.html

Anis, "dans tes yeux";  et Barbara, "du bout des lèves" 

                                   - de nouveaux livres ont été lus ou relus: http://www.unechansonlente.com/archives/lire/index.html en ce moment, je commence Ernest et Célestine, de Pennac, peut-être bientôt un billet sur Pennac...

Anna Gavalda et Katarina Mazetti (tiens d'ailleurs j'ai vu hier qu'était sortie la suite du "Mec de la tombe d'à côté", avis aux amateurs pour Noel!!)

                                 - quelques (rares) écrits:http://www.unechansonlente.com/archives/ecrire/index.html

Orage  et Dévoiler  

                                - et des nouvelles du Concours Gallimard jeunesse où je n'ai pas été retenue. 

Les projets pour la suite? Envoyer mon manuscrit "Je bois de l'eau et je suis saoule" à des maisons d'édition (commencer par cibler les maisons d'édition qui pourraient être intéressées, gros boulot de déblayage!)

Les projets pour le blog? projets d'écriture, exercice de style: "instants croqués". Je voudrais m'astreindre à croquer chaque jour un instant de vie, un personnage, un paysage, une émotion qui a marqué ma mémoire. Ca commence dès ce soir avec un chahut d'enfants: http://www.unechansonlente.com/archives/2012/12/02/25725414.html

Bonne nuit à vous tous et à dimanche prochain?

Merci de me suivre!

Géraldine 

PS: une p'tite bonne femme de terre et de feuilles pour changer des coups de crayon habituels!

hou

 

 

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Instants croqués: chahut d'enfants

Assise à mon piano. Ici et ailleurs. Trois princesses dans le salon construisent un circuit pour le train. La Terre tremble. Un troupeau d'éléphants descend les escaliers. Un ado entre dans un cri tonitruant suivi par son p'tit bonhomme de frère. Course poursuite. Noms d'oiseaux, éclats de rires, hurlements. Placage sur le canapé. Noms d'oiseaux, éclats de rires, hurlements. Course poursuite. Le duo d'éléphants remonte les escaliers, la Terre tremble quelques secondes encore. Et puis le silence.

Trois princesses dessinent sur la table du salon. Assise à mon piano, je poursuis ma chanson.

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jeudi 29 novembre 2012

résultats concours gallimard jeunesse

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Bon eh bien ça y est, les finalistes du concours sont connus... http://www.gallimard-jeunesse.fr/Concours/Vote-du-concours-du-premier-roman1

Ce ne sera pas pour cette fois. Une grosse déception bien sûr après trois mois d'attente et un impossible "et si c'était moi?" qui s'invitait parfois. Mais voilà qui est fait. Il est temps de rebondir et d'envoyer ce manuscrit auquel je crois à de nouvelles maisons d'éditions...

Affaire à suivre, j'avance au jour le jour, étape par étape, l'écriture est affaire de maturité mais c'est un cheminement passionnant ...

Merci de me suivre et merci de votre soutien et de vos encouragements au fil des jours

à bientôt :) 

 

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mercredi 21 novembre 2012

Anis, dans tes yeux

Jeudi soir je vais voir Anis en concert à l'EMB de Sannois. Ca fait des années que j'attends ça (je l'ai vu juste une fois en première partie de Jean-Louis Aubert). J'aime la totalité de ses chansons, les deux albums confondus. Son dernier album, Rodéo Boulevard a énormément accompagné une période charnière de ma vie, mélée d'une naissance et d'un deuil, avec notamment la sublime chanson José.

J'adore ce gars, sa voix, son groove, ses mots... les chansons passent et repassent et je ne m'en lasse pas. 

Je me suis essayée  à reprendre sa chanson "Dans tes yeux". Elle est en cours de travail, mais j'avais envie de la partager en l'état. Reprise à ma sauce(il a un style tellement unique, dur d'en sortir...!)

"Bien sûr la vie est hasardeuse

Tellement trop courte et capricieuse

Injuste, odorante et visqueuse

C'est peut-être ue auto-stoppeuse

Déroutante, excitante, farfelue et farceuse

Jonchée d'épines et de courbes délicieuses

Peut-être même que c'est une chieuse

C'est vrai, c'est vrai

Bien sûr que la vie est précieuse."

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jeudi 1 novembre 2012

Anna Gavalda

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J'ai découvert Anna Gavalda il y a 5 ans avec le roman "Je l'aimais". Petit roman que j'ai lu d'une traite et qui m'a émue autant par la forme que par le fond. 

C'est l'histoire d'une femme qui aime un homme qui est parti pour une autre. L'histoire d'un beau-père qui raconte à cette femme l'histoire de sa propre vie. Le bien, le mal, les regrets, la souffrance. L'amour surtout, qui tombe dessus et ce qu'on en fait.

"Le courage de regarder sa vie en face, de n'y voir rien d'ajusté, rien d'harmonieux. Le courage de tout casser, de tout saccager par... par égoïsme? Par pur égoïsme? Mais non pourtant... Alors qu'est-ce? Instinct de survie? Lucidité? Peur de la mort?

Le courage de s'affronter. Au moins une fois dans sa via. De s'affronter, soi. Soi-même. Soi seul. Enfin.

"Le droit à l'erreur", toute petite expression, tout petit bout de phrase, mais qui te le donnera?

Qui, à part toi?"

Anna Gavalda, c'est tout un monde. Je peux piocher dans n'importe quelle ligne de n'importe lequel de ses livres, et je me retrouve transportée. Ca se lit comme on boit un jus de fruits frais, comme on retrouve nos jouets d'enfant, comme on tombe amoureux. Un mot suffit et me voilà embarquée.

Elle arrive à extraire ce qu'il y a de plus beau, de plus gracieux, de plus subtil dans la vie de tous les jours, dans les relations aux autres. C'est léger et c'est profond. Ca coule de source.

Et surtout, surtout, ça élève. Ca donne envie de rire, envie de croquer la vie, envie d'aller à l'essentiel surtout. Ne plus se laisse distraire par ce qui nous encombre. Rêver, vibrer, aimer, pleurer. Tous les sentiments y passent, tous les sentiments sont bons à vivre. Plus c'est bordélique et meilleur c'est. Le tourbillon de la vie. Ca donne envie d'en finir avec l'hypocrisie, d'en finir avec l'aseptisé, ça donne envie que la vie déborde, qu'elle dégouline.

Oui, c'est ça. Je lis Anna Gavalda comme je mangerai avec les doigts! Avec délice. Comme je rigolerai sous une couette avec ma copine, comme je transgresse un interdit,comme je sers contre moi tous ceux qui me sont chers à les étouffer, comme je regarde mes enfants vivre à mes côtés. Ca se lit comme on rit et comme on pleure. L'émotion nous traverse, nous émeut, nous bouleverse et s'évanouit. Et après avoir lu, il reste juste un p'tit quelque chose qui va nous accompagner longtemps. Un concentré de vie. Le sentiment d'avoir été vivant. Le besoin d'y revenir. Ne reste plus qu'à prendre sa vie en main. Ne plus se contenter d'à peu près. Vivre tout son saoul, sans arrangements, sans faux semblants. Voir grand. Et se relever les manches.

Alors voilà, en ce moment je relis Anna Gavalda et j'avais envie de le partager, c'est un régal! (et oui, à défaut d'écrire, je lis...!)

J'ai gardé le meilleur pour la fin avec cet extrait du roman "L'échappée belle":

" On va mettre ça sur le compte de la fatigue mais je me suis surprise à patauger dans la guimauve. Grosse bouffée de tendresse pour ces trois-là et intuition que nous étions en train de vivre nos dernières tartines d'enfance...
Depuis presque trente ans qu'ils me faisaient la vie belle... Qu'allais-je devenir sans eux? Et quand la vie finirait-elle par nous séparer?
Puisque c'est ainsi. Puisque le temps sépare ceux qui s'aiment et que rien ne dure.

Ce que nous vivions là, et nous en étions conscients tous les quatre, c'était un peu de rab. Un sursis, une parenthèse, un moment de grâce. Quelques heures volées aux autres...

Pendant combien de temps aurions-nous l'énergie de nous arracher ainsi du quotidien pour faire le mur? Combien de permissions la vie nous accorderait-elle encore? Combien de pieds de nez? Combien de petites grattes? Quand allions nous nous perdre et comment les liens se distendraient-ils?

Encore combien d'années avant d'être vieux?

Et je sais que nous en étions tous conscients. Je nous connais bien.
La pudeur nous empêchait d'en parler, mais à ce moment précis de nos chemins, nous le savions.
Que nous vivions au pied de ce château en ruine la fin d'une époque et que l'heure de la mue approchait. Que cette complicité, cett tendresse, cet amour un peu rugueux, il fallait s'en défaire. Il fallait s'en détacher. Ouvrir la paume et grandir enfin."94292_l-ecrivain-anna-gavalda-le-15-mars-2008-au-salon-du-livre-a-paris

 

 

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dimanche 7 octobre 2012

Katarina Mazetti

Je viens de finir la lecture de deux romans d'une auteure suédoise: Katarina Mazetti. C'est ma maman qui m'a offert le premier livre et c'est une belle découverte (d'ailleurs je trouve que le visage de la jeune fille sur la couverture ressemble au visage de ma mère au même âge). 

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"Entre Dieu et moi c'est fini", c'est une histoire d'amitié adolescente, entre la narratrice et sa copine Pia. C'est très court, ça se lit vite. L'auteur a un style bien à elle, vif, accrocheur. Elle écrit comme elle pense. C'est profond et puis c'est cru, c'est absurde aussi et sans détours, ça touche directement à notre intimité, c'est frais, c'est vif. Ca fait du bien et ça rend nostalgique aussi. Ca laisse remonter les souvenirs d'adolescence.

" Puis je me suis transformée en maniaque du calendrier. j'ai découvert un tas de jours liés à Pia. Son anniversaire, quelques fêtes et celui où elle aurait dû passer son bac. Le calendrier était plein de jours qu'elle avait laissé derrière elle".

"Il était clair qu'il fallait réagir d'une manière ou d'une autre, mais je refusais obstinément d'avoir affaire à un psy. non que je les sous-estime, mais je n'avais tout simplement pas envie d'être standardisée. Qu'est-ce qui me resterait sans mon grain de folie? "

 

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 "Le mec de la tombe d'à côté", c'est une histoire d'amour improbable entre une bibliothécaire veuve, citadine et intello et un fermier bientôt vieux garçon dont les parents sont décédés.

Ils se rencontrent au cimetière. Le roman est une succession de chapitres où chacun des deux prend la parole. Une fois la femme, une fois l'homme. (c'est la parité !)

Au début, c'est déconcertant de changer de personnage à chaque chapitre (je n'aime pas trop ça en général), mais sur la durée du livre, c'est ce qui rend le livre passionant: suivre l'évolution des sentiments de chacun dans le couple, leur point de vue différent sur chaque évènement partagé, la souffrance au même endroit, pour les mêmes raisons souvent et l'incapacité à céder du terrain sur ce que l'on est pour atteindre l'autre, la difficulté à accorder nos différences dans le couple. Céder ou faire céder, triste impasse.

La difficulté à accepter l'autre tel qu'il est, chercher à ce qu'il nous ressemble pour se sentir en confort. Préserver ce que l'on connaît, ce que l'on est: "là d'où l'on vient" en rejetant et tenant loin de nous "là d'où vient l'autre", son histoire, son monde, ce qu'il est.

Chacun reste accroché à sa citadelle plutôt que prendre le risque d'inventer ensemble un nouvel endroit, un foyer qui n'existe pas encore et qui ne ressemblera finalement ni à l'un ni à l'autre, mais aux deux mondes en même temps, à ce que chacun est et surtout à ce que chacun veut inventer.

C'est vraiment très fin comme histoire d'amour. C'est parce qu'ils sont si différents qu'ils s'aiment tant et pour cette même raison qu'ils ne peuvent pas s'aimer. 

Ils s'aiment et ils ne s'aiment pas. Ils s'entendent et ils ne s'entendent pas. Ils s'adorent et ne se supportent pas. Ils sont curieux de l'autre tout en gardant leur sens critique. 

Alors dans le livre c'est caricatural puisque chaque personnage vient d'un univers "cliché" qui s'oppose à l'univers de l'autre (le fermier robuste versus la petite bibliothécaire). Mais finalement, nous vivons ces mêmes dilemnes dans nos vies quelles que soient nos personnalités.

Se mettre en couple, c'est être avec un autre différent de nous. L'aimer et ne pas l'aimer en même temps pour tout ce qu'il nous renvoie de similaire à nous et d'incompatibilité. Parfois ça semble insurmontable. C'est parce qu'on est différents qu'on y arrivera jamais. Et parfois notre force se situe exactement au même endroit: c'est parce qu'on est différents qu'on s'apporte tant.

Et ça se joue sur un fil tout au long de la vie, non?

Moi, c'est ce qui m'a plu en tous cas, et puis comme dans le premier livre cité, j'ai retrouvé une belle et grande histoire d'amitié entre la narratrice et sa meilleure copine Märta. Des amitiés entières et évidentes comme je les aime. :)

Bonne lecture à vous! Et venez partager vos impressions...

" Je disais que nous devrions indiquer nos besoin réciproques et en définir les priorités pour pouvoir nous adapter l'un à l'autre, j'avais sans doute un discours de thérapeute familial déformé par le métier. Je voulais l'ammener à penser différemment. [...] Ainsi on aurait pu s'attendre à ce que nous nous mettions au boulot, pour arriver à cette fameuse adaptation et cet approfondissement. C'est le contraire qui s'est passé. Nous nous sommes enfouis chacun dans sa vie et nous n'avons pas cédé un pouce de terrain. C'est presque devenu un sport. Benny faisait à peu près tout pour paraître un gars simple de la campagne[...] et je suis devenue femme de Carrière avec Centres d'intérêts Culturels. Trois C, on aurait pu y ajouter deux autres pour Complètement Conne. Nous n'avons absolument pas essayé de jeter des passerelles au-dessus des ravins, nous avons cherché à nous y précipiter mutuellement. Peut-être espérions-nous tous les deux des miracles. "

"Certains disent qu'ils savent exactement le jour où ils sont devenus adultes."

"On va aussi bien ensemble que la merde et les pantalons verts, comme disait mon grand-père. Et je ne veux pas que ça s'arrête. A chaque jour suffit sa peine, je n'aurai qu'à apprendre à faire avec".

"Moi, j'ignore totalement si elle est belle ou laide, ça n'aucun intérêt, pourvu qu'elle reste comme elle est."

"Oui, c'est vrai, elle parlait beaucoup. [...]Et je trouvais que la plupart des trucs qu'elle disait étaient intéressants, ou marrants ou chouettes. Mais parfois je me demandais si il y avait une seule chose qu'elle pouvait vivre sans en parler en même temps.Apparemment c'était sa façon e s'approprier ce qu'elle vivait."

"Märta disait un jour avec un sourire en coin que les parents ne devraient pas être autorisés à avoir des enfants, parce qu'ils ne savent pas les apprécier."

"Märta était ma bouée de sauvetage, mon ancrage dans la vie. Elle pouvait surgir comme un ouragan dans ma salle de bains et agiter deux tickets de cinéma jusqu'à ce que je sorte de la baignoire, souffle les bougies du candélabre et vienne avec elle...."