vendredi 24 mai 2013

Pensées emmêlées: un arbre

Hier j'étais forte, aujourd'hui plus rien. Clouée sous ma couette. 

Hier j'étais libre et je me suis enchaînée toute seule au premier arbre qui passe. Un arbre qui parle, qui parle, et qui ne sait pas s'arrêter, à ce qu'il disait. 

Sauf que lorsqu'il s'arrête puisque tout s'arrête un jour, il ne reste que le silence. Un nouveau silence. Ou plutôt un vieux silence bien connu qui vient refaire surface. Un silence d'absence, un silence de manque, un silence qui plombe, qui pompe l'énergie. Un silence qui crie encore, encore, pourquoi plus, pourquoi toi? Pourquoi toi d'un coup et puis plus toi? Tout reste.


Le silence, les odeurs, la mémoire. Tout reste, il ne manque que toi.

 

 

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lundi 20 mai 2013

Baudelaire, les fleurs du mal.

Baudelaire... Les fleurs du mal... LE recueil de poème dans lequel je n'ai jamais pu entrer. 

J'ai essayé plusieurs fois, à différents âges, je n'ai jamais pu.

Je n'y trouvai aucun echo. Je n'en tirai aucune émotion. La couleur de cette langue me semblait sombre et morbide. Et puis, samedi dernier enfin, le déclic. Grâce à la musique!

Je devais trouver quelques poèmes de Baudelaire à travailler pour le concert "Matisse et la musique" à la Chapelle Matisse le 1er Juin prochain. J'avais beau lire et relire, marquer quelques pages, je n'étais pas hyper emballée. Et samedi dernier donc, pendant que l'altiste et la violoniste répétaient les Gnossiennes de Satie pour le concert, je feuilletais le recueil de poèmes pour en sélectionner quelques uns. Et là, avec la musique de Satie derrière, les mots de Baudelaire sont venus à moi comme une évidence. Le son, le sens, l'écho à ma propre histoire et au monde qui m'entoure. J'ai enfin réussi à entrer dans ces poèmes, les uns après les autres. Et .... c'est renversant...

2 - concert3 - concert

Voici donc les poèmes qu'on a choisi de garder pour le concert: (Il y en aura 5).

Les deux qui suivent accompagneront les Gnossiennes de Satie:

 

Elévation

"Au-dessus des étangs, au-dessus des vallées

Des montagnes, des bois, des nuages, des mers,

Par-delà le soleil, par-delà les éthers,

Par-delà les confins des sphères étoilées,

 

Mon esprit, tu te meus avec agilité,

Et, comme un bon nageur qui se pâme dans l'onde,

Tu sillones gaiement l'immensité profonde

Avec une indicible et mâle volupté.

 

Envole-toi bien loin de ces miasmes morbides;

Va te purifier dans l'air supérieur,

Et bois, comme une pure et divine liquer,

Le feu clair qui remplit les espaces limpides.

 

Derrière les ennuis et les vastes chagrins

Qui chargent de leurs poids l'existence brumeuse,

Heureux celui qui peut d'une aile vigoureuse

S'élancer vers les champs lumieux et sereins;

 

Celui dont les pensers, comme des alouettes,

Vers les cieux le atin prennent un libre essor,

- Qui plane sur la vie, et comprend sans effort

Le langage des fleurs et des choses muettes"

 

 

Erik Satie: Gnossienne 1

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dimanche 12 mai 2013

Dimanche 12 mai 2013

Bonjour à tous et bienvenue aux nouveaux curieux qui viennent faire un tour par ici

  • Quelques nouveaux messages postés ce mois-ci:

- des sorties concerts et des découvertes avec Benoît Dorémus, Renan Luce, le violoncelliste Tonycello et le Centre de la Chanson à Paris

- des Instants Croqués avec La boîte à musique

- un texte avec Lettre à un enfant

- de la lecture avec Douglas Kennedy

  • En ce qui concerne les projets:

- D'abord un concert à venir: "Matisse et la musique" à la Chapelle Matisse de Vence (06) le samedi 1 Juin 2013 à 20H avec mes amies violoniste et altiste Marie-Anne Hovasse et Marie Lesage.

Au programme: du Satie, du Bach, du Martini, mais aussi du Piaf et du Barbara et des poèmes de Baudelaire et Mallarmé.

photo

- Ensuite, toujours du côté de la musique, un spectacle en préparation pour retourner sur scène seule avec ma guitare, mon piano, des chansons de Sheller, Barbara, Sanson, Renan Luce, Claire Denamur et Berry (pour l'instant), le tout mêlé à certains de mes Instants croqués. Le spectacle autour du SOldat Rose dans les écoles a achevé de me convaincre. J'adore chanter et raconter des histoires, sur scène, avec mes instruments. C'est un pur moment d'adrénaline et de plaisir.

L'idée prend forme, se précise de jour en jour. Je prends mon temps pour aboutir ce projet qui me titille depuis des années. J'ai hâte d'enfin sauter le pas pour jouer dans des bars, des salles, des scènes ouvertes à Paris. Pour le plaisir et pour voir si ça tient la route :)

- côté écriture, un nouveau texte sélectionné après "l'homme bleu" pour le prix de la short littérature sur le site Short Edition. Je vous tiens informés dès qu'il sera en ligne. C'est toujours le même principe: il faut un maximum de votes pour pouvoir aller jusqu'au bout du concours.

  • Du nouveau sur le blog:

J'ai réorganisé le menu catégories tout en haut en blanc (Journal de bord. Ecrire. Chanter. Lire. Partager) en classant mes écrits par thèmes pour permettre plus de lisibilité et de visibilité dans les anciens messages:

Vous trouverez donc maintenant ECRIRE aimer

ECRIRE des mots

ECRIRE enfance

ECRIRE père et mère

ECRIRE croquer

ECRIRE la vie

ECRIRE la mort

ECRIRE quelque part

Et pour les chansons: CHANTER Barbara

CHANTER Renan Luce

CHANTER Sanson

CHANTER Nougaro

CHANTER Sheller

Merci à vous de me suivre, merci pour les messages, les j'aime, les encouragements, pour l'émotion qui semble circuler entre les mots et arriver jusqu'à vous. C'est un plaisir pour moi. Ecrire autant que partager.

à bientôt au mois de Juin

Géraldine

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samedi 11 mai 2013

Le centre de la chanson à Paris

Lundi dernier, je suis allée à la matinée de bienvenue au centre de la chanson à Paris. C'est un rendez-vous mensuel proposé aux artistes pour se rencontrer, se présenter, partager et découvrir les projets et activités du Centre. Plus d'infos par ici

Le centre de la chanson, c'est LE lieu que je rêvais de trouver. Un lieu ressources où l'on peut trouver des infos et des conseils, un lieu de rencontre et d'échange, un lieu qui a pour vocation l'émulation. Un lieu clair et lisible où l'on parle de la scène et où l'on peut poser des questions, quel que soit notre parcours et notre bagage. Un lieu inespéré quand comme moi on ne connait rien d'autre à la musique que celle que l'on joue chez soi derrière son piano...

On était 5 ce main-là. J'ai rencontré de chouettes personnalités qui ont attisé ma curiosité et que je vais rapidement aller voir sur scène, en particulier Pascal Olivese et Flo Zink
Le premier est auteur-compositeur-interprète (et instit' ^^), la seconde est auteur-interprète avec une jolie plume et une belle énergie.
J'aime découvrir et entendre les chemins de vie des gens, les parcours, les galères, les rencontres. Je ne m'en lasse pas. J'aime retrouver cette énergie de partage qui me stimule, cette envie d'aller vers les autres, de se montrer, de se faire connaître.

Et depuis, j'ai hâte, j'ai hâte.... Depuis bien longtemps j'ai hâte, mais chaque jour qui passe ma hâte se précise un peu plus, définit ses contours et se prépare à se jeter à l'eau. Depuis le temps que ça mûrit cette histoire entre la scène et moi. Hâte d'aboutir mon projet de reprises de chansons à textes (en particulier Barbara), hâte d'y mêler certains de mes Instants Croqués, hâte d'en faire un spectacle présentable et ... le présenter, chercher des salles, des bars, des scènes ouvertes, partager mes mots et ceux des autres en tête à tête à tête à tête....

Affaire à suivre... très vite... :)

Un ptit point sur mes projets à venir demain avec la newsletter

 à demain!

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dimanche 5 mai 2013

Instants croqués: Décollage

En avance comme toujours je retrouve l'attente, la queue, le passage au Relay et le mauvais sandwich avalé.

N'oublie pas de finir ton eau sinon ils vont la jeter !

Comme les parfums, les déos, les crèmes, les dentifrices

Et j'en passe ... bonjour le gâchis.

 

Je retrouve les papiers à sortir, les bonjours, les merci

Vous aussi bonne après-midi !

Parfois même il y a le bip qui sonne

La fouille au corps

Le rouge aux joues et

La colère qui gronde mais qui se tait.

 

Et puis ce long couloir, cette lumière d'hôpital et surtout

Je retrouve ce bruit sourd tout au bout

De plus en plus fort à mesure que je bouge. J'entre, bonjour

Encore, merci encore, les papiers numérotés et nous un à un dans les allées,

La contorsion pour hisser là-haut le peu que j'ai le droit d'emporter,

La contorsion pour ne pas gêner les autres passagers.

 

Je suis assise enfin mais j'attends encore

Temps d'absence où je dévisage les autres.

Je tends l'oreille, je rêve aux autres vies qui rencontrent la mienne.

L'attente se prolonge, mes paupières se mettent un peu en veille,

Je fais le vide

Et puis,

Le moteur ronronne et l'avion se réveille comme on déplace une montagne.

Il roule doucement d'abord puis de plus en plus vite, le bruit de plus en plus fort cogne

Mon coeur qui s'accélère.

L'adrénaline me monte à la tête.

Mélange de peur, d'excitation, de curiosité et d'envie.

Mouvement de vie. Des regrets aussi, des ... "et si?"

 

Et voilà que l'avion se soulève, voilà qu'il se détache du sol,

Qu'il s'élève et prend son envol.

 

Les premières secondes sont diaboliques.

Mon corps supporte tout le poids de la bête, mon corps s'enfonce dans le siège.

Mon coeur et mon souffle s'arrêtent pour garder mon attention alerte.

Comme si ça pouvait changer quelque chose que je sois attentive.

Mais mon regard scrute

Les ailes par la fenêtre. Le paysage est renversant, verglacé. Mon regard s'incruste

Dans les regards des autres autour de moi, je traque un indice,

Un signe.Tout va très vite

 

Je me demande si je vivrai encore, si j'aimerai encore, si j'oublierai encore

Combien la vie est fragile une fois que ce sera fini...

Je me demande si je saurai me souvenir aussi fort qu'aujourd'hui combien je veux rire

Encore et profiter des miens... Le sang circule à toute allure de mon coeur à ma tête et l'adrénaline se déverse alors dans tout mon corps.

 

Première percée dans les nuages,

Les sons s'assourdissent, on en perd la vue et l'ouïe jusqu'à ce qu'enfin l'avion dépasse

Le blanc et retrouve la lumière. La vue est splendide,

Suspendue. Ca y est, j'y suis.

 

Je peux reprendre une vie normale, reposer mon coeur

et me laisser porter. ...Je peux oublier la mort, je peux oublier la peur ....

 

Au moins jusqu'à la prochaine lueur qui clignotera au dessus de ma tête.

.Veuillez attacher vos ceintures... Message d'alerte...

 

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mardi 30 avril 2013

Benoît Dorémus

A 32 ans je me découvre solitaire. Etre seule au milieu des autres, observer, écouter, me laisser bercer, ça me ressource, j'adore ça. 

Hier soir, je suis allée (seule donc!) aux 3 Baudets à Paris assister au concert de Benoît Dorémus et je ne regrette pas de m'être motivée. Deux chouettes découvertes m'attendaient: Benoît Dorémus sur scène, que je ne connaissais pas et le théâtre des 3 Baudets, depuis le temps que je voulais y mettre les pieds. Une belle salle de théâtre, feutrée et intimiste. Un chouette concept aussi avec les "soirées Trois Baudets": trois artistes le même soir.

Première partie: un nouvel artiste quasi inconnu à découvrir pendant 15 minutes. Deuxième partie: un artiste déjà un peu plus rôdé qui joue pendant 30 minutes. Troisième partie: un artiste confirmé en tête d'affiche pour clôturer la soirée pendant une heure (c'était un peu court une heure d'ailleurs, ça laisse sur sa faim!). Du coup, j'ai carrément acheté le pass pour toute l'année (j'ai déjà raté Bensé au début du mois d'avril...) 

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Je me suis assise au premier rang (oui c'est une -rare- salle avec des places assises) et j'ai attendu que le spectacle commence en regardant les gens prendre place, en attrappant au vol des bribes de conversation sur le pourquoi du comment ils avaient connu Benoît Dorémus. J'aime ce moment d'avant. La soirée s'installe, tout est à venir et moi je m'imprègne de ce qui m'entoure. Ca permet un sas entre la vraie vie et le spectacle. C'est un temps nécessaire. Et quand les lumières s'éteignent, rester les yeux grands ouverts dans le noir fixés sur la scène. J'aime les techniciens avant et après qui montent et démontent la scène, déplacent, mettent en place. J'aime la première note, le premier regard sur l'artiste et j'aime aussi le moment où je deviens captive. Quand je me laisse embarquer... C'est bon de se laisser embarquer ailleurs, entendre d'autres mots, d'autres mélodies, faire connaissance.

Hier en première partie, il y avait Claire, avec une belle voix, chaude et douce à la fois, qui venait faire contraste avec la fragilité de ce que cette jeune fille dégageait du haut de ses 16 ans. En deuxième partie, il y avait Emilie Plaitin, dans un style très éloigné de ce que j'écoute habituellement (électro pop) mais qui a réussi à laisser vagabonder mes pensées et à faire émerger plein d'images et d'idées dans ma tête. C'était un moment étonnant.

Et puis enfin, Benoît Dorémus, là, c'est tout ce que j'aime, un gars seul avec sa guitare, des textes qui m'embarquent, une dose d''humour qui ajoute au charme et une présence sur scène sans temps mort qui passe à toute vitesse. D'une chanson à une autre avec plaisir. Je n'en connaissais aucune, ça ne m'a pas empêchée d'être enchantée. Aucun moment de saturation à l'écoute de textes inconnus. Juste de la curiosité et du bon temps. C'est fluide, c'est agréable et entraînant. Et puis, il y a eu la surprise de voir Renan Luce, qui était dans la salle et a rejoint Benoit sur scène pour un duo. 

Une bière au bar pour finir, d'autres bribes de conversations attrappées au vol à nouveau sur les ressentis de chacun à chaud, regarder les gens se faire prendre en photo avec les artistes (ces mêmes gens et ces mêmes photos que je retrouve sur facebook aujourdh'ui, c'est marrant la vitesse et l'étendue de diffusion grâce à internet, maintenant j'ai presque l'impression de connaître un peu tous ces inconnus d'hier à tant les avoir observés :)

Avant de redescendre les escaliers j'ai à mon tour échangé quelques mots avec les artistes pour leur dire combien j'avais apprécié cette jolie petite soirée. Et puis retour aux bercailles.

Belle nuit à vous et bonne écoute à ceux qui ne connaissent pas encore! Je n'ai pas trouvé beaucoup de vidéos sur Dailymotion (y en a + sur YouTube on dirait). Cette chanson-là a été reprise par Renaud je crois dans son dernier album: ça s'appelle "Rien à te mettre"

J'ai bien apprécié la dernière chanson en rappel qui m'a trotté dans la tête toute la journée: la femme de ma vie.

Bon bah yapluka aller acheter le cd maintenant :)

lundi 29 avril 2013

Aude au violoncelle

Aude est violoncelliste à l'orchestre de Paris. Mais Aude ne sait plus ni qui elle est ni ce qu'elle fait là. En fait, ce qu'Aude a toujours voulu ce n'est pas jouer du violoncelle. 

Aude aurait voulu être un violoncelle. Depuis toujours. Elle aurait voulu être un violoncelle pour qu'enfin il pose ses doigts sur elle.

Alors il aurait travaillé sur elle sans relâche des heures et des années, en allant toujours plus loin, pour se l'approprier, pour la faire vibrer, il aurait recommencé sans cesse avec acharnement jusqu'à trouver le son juste. 

Elle aurait voulu que ça bloque parfois mais qu'il insiste et chasse les doutes, elle aurait voulu qu'il fasse céder les retenues, qu'il trouve le doigté adapté, qu'il la travaille au corps et puis s'arrête, pour savourer les progrès partagés. Elle aurait voulu qu'il la serre entre ses jambes, qu'il glisse les doigts sous sa manche. Alors elle aurait pu poser la tête dans le creux de son cou, dans le secret de sa nuque et elle aurait pu entendre ses inspirations, ses soupirs et ses élans.

Elle aurait voulu être sur scène avec lui, trembler contre lui en pleine lumière, sentir ses mains moites et son coeur qui bat. Elle aurait voulu qu'il l'accorde, qu'il chante avec elle et que dans certains instants de grâce il se laisse absolument allé, porté par la musique. 

Il aurait bien pu bien y avoir autour de lui tous les instruments de l'orchestre, il n'y aurait eu qu'elle (lovée )entre ses cuisses.

 

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mercredi 24 avril 2013

Instants croqués: la boîte à musique

Cet homme que je croise chaque matin dans sa librairie je voudrais l'extraire, abattre les murs et voir ce qu'il y a derrière.

Qui est-il?

Je ne peux pas l'imaginer ailleurs que dans ce décor en papier carton, ailleurs que devant cette petite table et ces petites chaises, ces affiches aux couleurs éclatantes. Le seul endroit où je l'ai jamais vu. Je ne peux l'imaginer ailleurs que devant tous ces gens, souriant aimablement, murmurant des attentions touchantes. Quelle est sa vie ailleurs? Est-ce qu'il vit seul? 

Je ne peux raisonnablement pas l'imaginer au supermarché ou à la banque. Je ne peux lui associer ni une voiture ni une maison, ni un trajet dans ma réalité. J'essaie pourtant, je lui invente une histoire, des plaisirs, des amis. Je me demande quel genre de musique il peut écouter? Comment est-il quand il parle tout bas, de quelle manière pose-t-il ses doigts autour d'un verre lorsqu'il boit. Est-ce qu'il boit d'ailleurs? Et qu'est-ce qu'il boit? De quoi a-t-il soif? Aime-t-il, rêve-t-il? Je l'imagine tant que je ne l'imagine plus. Je le perds de vue. 

Je n'emporte avec moi qu'une image.

Alors je retourne à cette librairie comme j'ouvrirai une boîte à musique. Ce même homme, à cette même place. Il m'intrigue tant que j'ouvre plusieurs fois par jour le couvercle pour entendre sa petite musique. Il est toujours là, il me regarde. Il me sourit dans un rituel immuable et telle une petite ballerine, je tourne autour de lui.

Oui mais que vais-je faire de tous ces livres? 

 

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mardi 23 avril 2013

Tonycello

TONYCELLO

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Je suis allée samedi dernier voir Tonycello sur scène au Limonaire, un bistrot à vin et à chansons dans le 9eme à Paris (un endroit très sympa, soit dit en passant... J'ai beau y être allée toute seule, j'y ai passé une super soirée.)

 

Tonycello, j'étais tombée sur lui par hasard il y a un moment déjà, en cherchant sur le net s'il existait des gens qui s'accompagnaient uniquement de leur violoncelle pour chanter des chansons...(oui je fais de drôles de recherches, je sais!) eh bah, je ne sais pas s'il y en a d'autres, mais en tous cas, il y a lui! Et j'ai été séduite immédiatement en l'écoutant reprendre la sublime chanson de Brassens: Les passantes. Seul avec sa voix et son violoncelle. C'est magnifique le son du violoncelle sur cette chanson-là, ça apporte une autre dimension et ça décuple les émotions.

Bref, intriguée, je suis allée fouiller un peu plus loin, et j'ai découvert que Tonycello, en fait, il avait carrément conçu un spectacle, seul en scène, avec des chansons, des textes et son violoncelle. Malheureusement, il m'a fallu plus d'un an avant de pouvoir aller le voir en vrai. C'était samedi dernier, c'était au Limonaire et c'était vraiment chouette. Un spectacle comme je les aime, drôle, émouvant, chantant. Sans fioritures, juste de l'émotion, du rythme, du rire, des surprises et de la musique. Presque un peu court même, j'aurais aimé parfois que ça aille encore plus loin! 

Tonycello, c'est un personnage gauche, naÏf et attachant. Et nous en face, on sourit, on rit carrément même et on chante facilement aussi car on retrouve des chansons que l'on connaît, même si elles sont souvent détournées. Du Brassens, du Brel, du Gainsbourg entre autres. Beaucoup de jeux de mots, des blagues plutôt grivoises et du comique de base qui fait toujours sourire, une chute, une partition qui vole, un archet qui tombe...

Ca dure une heure, ça passe tout seul et on ressort vraiment enchanté.

Tonycello est encore sur Paris pendant un mois du 5 au 29 juin à l'Aktéon Théâtre à 20H du mercredi au samedi. Je pense y retourner si il y a des gens intéressés pour m'accompagner? Mais vous pouvez aussi y aller tout seul, les yeux fermés (en gardant les oreilles à l'affut quand même!). Vous avez un mois pour vous décider, je vous ferai un petit rappel d'ici là :)

Dans le même genre, il y a un autre spectacle dont je ne vous ai jamais parlé et qui mérite que l'on s'y attarde, un autre homme seul en scène, drôle, tendre et poétique, un homme qui joue avec les mots et avec sa trompette, c'est Manoche, et... c'est pour une prochaine fois ;)

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dimanche 21 avril 2013

Lettre à un enfant

Mon enfant.
Toi que j'aime d'un amour que je voudrais inconditionnel. Toi qui m'aimes de manière absolue, simplement parce que je suis ta mère. Si tu savais comme je t'ai mal aimé parfois. Comme je ne serai jamais à la hauteur de cet amour que tu me portes.

Si tu savais combien de choses moches.
Combien de fois c'est la petitesse qui a guidé mes pas. La colère, la vengeance, la jalousie, la méchanceté, le pouvoir, le jugement, les principes, la force. L'orgueil aussi et l'entêtement. Et pire, la voix des autres. Combien de fois je t'ai fait pleurer.

Combien de fois je t'ai blessé, je ne t'ai pas écouté, je t'ai coupé la parole, je ne t'ai pas cru. J'ai su mieux que toi, je t'ai rabaissé, je me suis moquée. Combien de fois j'ai serré ton bras un peu trop fort, je t'ai bousculé d'un geste d'humeur, je t'ai crié dessus, je me suis délestée contre toi plutôt que sur les personnes concernées de la colère accumulée.
Combien de fois je t'ai trahi, combien de fois j'ai pris le parti des autres contre le tien, combien de fois si j'ose être honnête je me suis servie de toi pour défendre mes propres intérêts, combien de fois j'ai camouflé ma gêne en condamnant tes réactions légitimes.
Combien de fois je t'ai fait peur, combien de fois je t'ai déçu.
Combien de fois j'ai clamé des discours admirables et me suis enveloppée de bassesse.

Combien de fois je n'ai rien voulu d'autre que gagner finalement. L'emporter sur toi et sur tes élans. Mon statut de mère m'a fait souvent basculer dans les pleins pouvoirs, dans la dictature.

Je ne suis qu'une enfant en face de toi pourtant. Une enfant blessée tapie derrière une adulte respectable.

Je t'ai blessé parfois et toujours tu as cru que c'était de ta faute.

Tu as cru je l'ai vu dans ton regard, tu as cru que c'était toi qui n'étais pas assez.
Pas assez bien, pas assez sage, pas assez gentil, pas assez aimable.

Tu as cru que c'était toi et je t'ai laissé le croire parfois, l'espace d'un instant.

Comme une vengeance, comme une punition. Une double peine à l'enfant que j'étais: "tu vois toi aussi sans doute tu n'étais pas assez."