lundi 10 septembre 2012

Instants croqués : orage

Arriver au bout de ses ressources. S'entendre dire: "je n'en peux plus", "je n'y arrive plus", "c'est au-dessus de mes forces". Voire parfois:" au secours". Oui ça arrive parfois quand on ne voit plus d'issue, quand on se croit au pied du mur.

Devenir fragile et penser à toi. Comme une touche off dans le tumulte.

Ca vient tout naturellement. Ca accompagne n'importe où, ce n'est pas encombrant. Ca prend une minute. Cette image en plein devant les yeux.

Ca ralentit le coeur, ça apaise les noeuds dans le ventre, ça rend intouchable. Propulsé dans une forteresse imprenable. Ne plus être nulle part en danger. Où que l'on soit être sain et sauf.

Se rappeler un rire, un état d'esprit, un optimisme. Il y a des gens lumineux et bienveillants. Se laisser envelopper.

Traverser l'orage, garder le cap jusqu'à se retrouver. 

Calme, à nouveau.

 

 

 

 


jeudi 6 septembre 2012

Aimer peut-être

Avant je croyais qu'aimer c'était se confondre. Ne faire qu'un et en tirer l'énergie nécessaire pour vivre une vie à deux.

Comme si aimer suffisait.

Comme si aimer protégeait des autres, du monde, du désir. Comme si aimer était une fin en soi. Un but à atteindre. Un état originel.

Aujourd'hui je comprends qu'aimer c'est rester soi.
Adorer l'autre pour ce qu'il est. De maniere inconditionnelle. Pour cette liberté au fond de lui qui ne nous appartient pas mais qui nous fascine. Qui nous fait comprendre qu'aimer c'est être deux. Deux êtres distincts.

 

Tu me regardes et tu m'echappes.  

Tu m'aimes et tu en aimes d'autres, autrement.

Tu me serres dans tes bras et ton esprit reste un mystère.

Tu m'embrasses ou tu ne m'embrasses pas.

 

Tu me dis oui et aussi tu me dis non.

Tu m'aimes pour mes fêlures et tu m'emportes ailleurs.

Tu t'abandonnes à moi pour mieux te retrouver.

 

Tu me déshabilles si je t'autorise.

Tu comprends que mon corps n'est pas le tien, que mon esprit est ailleurs, que mes élans sont complexes.

Tu accueilles cette altérité et tu la préserves, tu la chéris parce qu'elle te ramène à la tienne.

Tu perçois mes troubles sans les accaparer. Tu sais qu'ils m'appartiennent. Tu les laisses venir jusqu'à toi, se dévoiler, se dévêtir.

 

Tu es là et tu n'es pas là.

Et dans ton absence, ton aura perdure en moi, m'enveloppe et m'accompagne.

Aimer c'est toujours un peu être. Peut-être.

 

 

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dimanche 22 avril 2012

Pensées emmêlées: Réfléchir

Déchiffrer. Confronter. Réinventer.

Le rapport au monde, le rapport aux autres. La Politique, l'Education, le hasard. Les choix, les obligations, les prises de décision.

Le Bien, le Mal.  Les relations humaines...

 

Comprendre les mécanismes de chacun. Ce qui est donné à voir et ce qui est caché. Les rouages secrets, le mouvement des pensées. 

Lever les incohérences, affiner sa pensée. 

Ne pas se complaire dans le formel, dans le convenu. Ne pas se contenter de ce qui se dit. Ce qui est transmis, ce qui est admis. Remettre en question.

Éprouver. Expérimenter. Entrer en communication.

Sans bavardages. Pousser l'Autre dans ses retranchements.

Atteindre son être profond. Aller avec lui là oú il ne va jamais et le laisser m'accompagner là où moi je ne vais jamais. Là où je ne peux aller seule. Là où je ne peux aller qu'avec toi, qu'avec d'autres. Dans ce qui m'échappe de moi, dans ce que je n'atteins jamais. Dans mon altérité.

 

Donner la main et me laisser emporter. Me laisser regarder, me laisser découvrir.

Laisser l'Autre me toucher. Au cœur de ce que je suis. Au plus intime. Repousser mes limites pour redéfinir mon propre contour. Mon mouvement intérieur.

Pour comprendre le Monde. Pour être en vie.

Pour comprendre l 'infiniment grand et l'infiniment petit. Relier la noirceur à la lumière. Le complexe à l'évidence.

Pour faire sens et rester cohérent.

Trouver son intégrité. 

 

 

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mardi 20 mars 2012

Pensées emmêlées: Sourire

J’attendais, seule au milieu de tous ces autres.
C'est là que je me sens bien. Au milieu et ailleurs.
Observer, écouter. Me laisser bercer, en retrait, me soustraire à la réalité.

On dit que les yeux sont le reflet de l’âme. C’est mon sourire qui joue ce rôle-là. Discret, insistant.
Comme une porte intérieure. Comme une serrure. Il brouille les pistes et verrouille l'accès aux mouvements de mes pensées. Dernière défense face à un trop plein d'émotion.

Sourire réflexe, comme une protection. Sourire gêné, comme une retenue. Sourire qui dissimule, en silence. Sourire qui s’excuse, qui m’excuse d’exister.
Candeur ? Naïveté ? Impertinence ou suffisance ? Parfois faiblesse. Pire, inconsistance ? Chacun y voit ce qu’il veut y voir. J’ignore ce qui se dégage de moi. Et je déteste les étiquettes, les conclusions hâtives. Tout ce qui fige. Tout ce qui balaye ma complexité.

Pourtant, qui ferait l’effort de venir jusqu’à moi ?
Pour savoir qui je suis, pour découvrir mon chaos et accéder à mes paradoxes.

J'espérais quelqu'un qui reconnaitrait mon sourire. Qui le décoderait, qui le manipulerait, qui le désarmerait. Qui lirait en moi comme dans un livre. Sans se laisser berner par mes épines. Quelqu'un qui protégerait mes incohérences et mes fragilités. Et m'emplirait ainsi de la confiance qui me faisait défaut.

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mercredi 7 mars 2012

Grandir

Nous chuchotions dans la nuit.

Je retrouvais une odeur d'enfance. Unique. Notre odeur d'enfance.

Je retrouvais tes pieds qui bougeaient dans le lit.

 

Avec certitude découvrir que c'est aussi important pour moi que pour toi. Avant de savoir me laisser aller.

Avec certitude entendre nos coeurs qui vibrent, l'émotion fragile.

L'instant est inestimable. Chacun le veut unique. On repousse les heures, la nuit, le temps. On parle, on se marre. Pour un rien, dans le noir, les yeux grands ouverts. On retarde le retour au quotidien. Moment de grâce suspendu.

 

Revoir mes soeurs d'enfance. Retrouver en elles cette part de moi-même que j'y ai déposé. Au fil des années.

Y retourner comme on retourne vers son pays natal. Empli de notre histoire.

 

Etre adulte:

Ne plus serrer les autres dans ses bras de tout son coeur.

Ne plus courir pour se déplacer dans sa maison.

Ne plus crier, ne plus pleurer, de tout son corps, pour évacuer.

Ne plus rire pour un rien, toutes les cinq minutes, comme une baleine .

Ne plus dormir les uns sur les autres, les uns contre les autres (mmmhh quoi que, en famille nombreuse on retrouve ce bonheur-là facilement :)

Ne plus chuchoter en pouffant des secrets évidents. 

Ne plus s'insurger à la moindre injustice, de toute sa conviction.

 

 

 

 

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mardi 6 mars 2012

Instants croqués: cododoter

Un bruit dans la nuit. Des frottements sur le sol, qui glissent, à pas feutrés.
Des pas dans le silence, chuchotants.

Une porte s’ouvre.
Les pas s’approchent, les pas se glissent dans le grand lit. Au chaud sous la couette. Contre maman.

Une respiration reprend son rythme, apaisée. Régulière et profonde. Chassés les loups, les singes et les voleurs.


Dans la pénombre de la nuit, la chaleur du sommeil de mon enfant, tout petit. Contre moi.
Ses mains minuscules l’une contre l’autre posées sur son visage dans cette image d’Epinal de l’enfant endormi.
L’odeur unique de la moiteur de ses cheveux qui transpirent.

Je l’aime tellement infiniment.

Le vent souffle au dehors. Le portail claque.
Le vent souffle, comme une voix. Ronronnant. Apaisant. Enveloppant.

Je quitte ma demi-somnolence pour me rendormir tout à fait.

Posté par GeraldineRuellan à 13:58 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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