dimanche 5 mai 2013

Instants croqués: Décollage

En avance comme toujours je retrouve l'attente, la queue, le passage au Relay et le mauvais sandwich avalé.

N'oublie pas de finir ton eau sinon ils vont la jeter !

Comme les parfums, les déos, les crèmes, les dentifrices

Et j'en passe ... bonjour le gâchis.

 

Je retrouve les papiers à sortir, les bonjours, les merci

Vous aussi bonne après-midi !

Parfois même il y a le bip qui sonne

La fouille au corps

Le rouge aux joues et

La colère qui gronde mais qui se tait.

 

Et puis ce long couloir, cette lumière d'hôpital et surtout

Je retrouve ce bruit sourd tout au bout

De plus en plus fort à mesure que je bouge. J'entre, bonjour

Encore, merci encore, les papiers numérotés et nous un à un dans les allées,

La contorsion pour hisser là-haut le peu que j'ai le droit d'emporter,

La contorsion pour ne pas gêner les autres passagers.

 

Je suis assise enfin mais j'attends encore

Temps d'absence où je dévisage les autres.

Je tends l'oreille, je rêve aux autres vies qui rencontrent la mienne.

L'attente se prolonge, mes paupières se mettent un peu en veille,

Je fais le vide

Et puis,

Le moteur ronronne et l'avion se réveille comme on déplace une montagne.

Il roule doucement d'abord puis de plus en plus vite, le bruit de plus en plus fort cogne

Mon coeur qui s'accélère.

L'adrénaline me monte à la tête.

Mélange de peur, d'excitation, de curiosité et d'envie.

Mouvement de vie. Des regrets aussi, des ... "et si?"

 

Et voilà que l'avion se soulève, voilà qu'il se détache du sol,

Qu'il s'élève et prend son envol.

 

Les premières secondes sont diaboliques.

Mon corps supporte tout le poids de la bête, mon corps s'enfonce dans le siège.

Mon coeur et mon souffle s'arrêtent pour garder mon attention alerte.

Comme si ça pouvait changer quelque chose que je sois attentive.

Mais mon regard scrute

Les ailes par la fenêtre. Le paysage est renversant, verglacé. Mon regard s'incruste

Dans les regards des autres autour de moi, je traque un indice,

Un signe.Tout va très vite

 

Je me demande si je vivrai encore, si j'aimerai encore, si j'oublierai encore

Combien la vie est fragile une fois que ce sera fini...

Je me demande si je saurai me souvenir aussi fort qu'aujourd'hui combien je veux rire

Encore et profiter des miens... Le sang circule à toute allure de mon coeur à ma tête et l'adrénaline se déverse alors dans tout mon corps.

 

Première percée dans les nuages,

Les sons s'assourdissent, on en perd la vue et l'ouïe jusqu'à ce qu'enfin l'avion dépasse

Le blanc et retrouve la lumière. La vue est splendide,

Suspendue. Ca y est, j'y suis.

 

Je peux reprendre une vie normale, reposer mon coeur

et me laisser porter. ...Je peux oublier la mort, je peux oublier la peur ....

 

Au moins jusqu'à la prochaine lueur qui clignotera au dessus de ma tête.

.Veuillez attacher vos ceintures... Message d'alerte...

 

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mardi 30 avril 2013

Benoît Dorémus

A 32 ans je me découvre solitaire. Etre seule au milieu des autres, observer, écouter, me laisser bercer, ça me ressource, j'adore ça. 

Hier soir, je suis allée (seule donc!) aux 3 Baudets à Paris assister au concert de Benoît Dorémus et je ne regrette pas de m'être motivée. Deux chouettes découvertes m'attendaient: Benoît Dorémus sur scène, que je ne connaissais pas et le théâtre des 3 Baudets, depuis le temps que je voulais y mettre les pieds. Une belle salle de théâtre, feutrée et intimiste. Un chouette concept aussi avec les "soirées Trois Baudets": trois artistes le même soir.

Première partie: un nouvel artiste quasi inconnu à découvrir pendant 15 minutes. Deuxième partie: un artiste déjà un peu plus rôdé qui joue pendant 30 minutes. Troisième partie: un artiste confirmé en tête d'affiche pour clôturer la soirée pendant une heure (c'était un peu court une heure d'ailleurs, ça laisse sur sa faim!). Du coup, j'ai carrément acheté le pass pour toute l'année (j'ai déjà raté Bensé au début du mois d'avril...) 

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Je me suis assise au premier rang (oui c'est une -rare- salle avec des places assises) et j'ai attendu que le spectacle commence en regardant les gens prendre place, en attrappant au vol des bribes de conversation sur le pourquoi du comment ils avaient connu Benoît Dorémus. J'aime ce moment d'avant. La soirée s'installe, tout est à venir et moi je m'imprègne de ce qui m'entoure. Ca permet un sas entre la vraie vie et le spectacle. C'est un temps nécessaire. Et quand les lumières s'éteignent, rester les yeux grands ouverts dans le noir fixés sur la scène. J'aime les techniciens avant et après qui montent et démontent la scène, déplacent, mettent en place. J'aime la première note, le premier regard sur l'artiste et j'aime aussi le moment où je deviens captive. Quand je me laisse embarquer... C'est bon de se laisser embarquer ailleurs, entendre d'autres mots, d'autres mélodies, faire connaissance.

Hier en première partie, il y avait Claire, avec une belle voix, chaude et douce à la fois, qui venait faire contraste avec la fragilité de ce que cette jeune fille dégageait du haut de ses 16 ans. En deuxième partie, il y avait Emilie Plaitin, dans un style très éloigné de ce que j'écoute habituellement (électro pop) mais qui a réussi à laisser vagabonder mes pensées et à faire émerger plein d'images et d'idées dans ma tête. C'était un moment étonnant.

Et puis enfin, Benoît Dorémus, là, c'est tout ce que j'aime, un gars seul avec sa guitare, des textes qui m'embarquent, une dose d''humour qui ajoute au charme et une présence sur scène sans temps mort qui passe à toute vitesse. D'une chanson à une autre avec plaisir. Je n'en connaissais aucune, ça ne m'a pas empêchée d'être enchantée. Aucun moment de saturation à l'écoute de textes inconnus. Juste de la curiosité et du bon temps. C'est fluide, c'est agréable et entraînant. Et puis, il y a eu la surprise de voir Renan Luce, qui était dans la salle et a rejoint Benoit sur scène pour un duo. 

Une bière au bar pour finir, d'autres bribes de conversations attrappées au vol à nouveau sur les ressentis de chacun à chaud, regarder les gens se faire prendre en photo avec les artistes (ces mêmes gens et ces mêmes photos que je retrouve sur facebook aujourdh'ui, c'est marrant la vitesse et l'étendue de diffusion grâce à internet, maintenant j'ai presque l'impression de connaître un peu tous ces inconnus d'hier à tant les avoir observés :)

Avant de redescendre les escaliers j'ai à mon tour échangé quelques mots avec les artistes pour leur dire combien j'avais apprécié cette jolie petite soirée. Et puis retour aux bercailles.

Belle nuit à vous et bonne écoute à ceux qui ne connaissent pas encore! Je n'ai pas trouvé beaucoup de vidéos sur Dailymotion (y en a + sur YouTube on dirait). Cette chanson-là a été reprise par Renaud je crois dans son dernier album: ça s'appelle "Rien à te mettre"

J'ai bien apprécié la dernière chanson en rappel qui m'a trotté dans la tête toute la journée: la femme de ma vie.

Bon bah yapluka aller acheter le cd maintenant :)

lundi 29 avril 2013

Aude au violoncelle

Aude est violoncelliste à l'orchestre de Paris. Mais Aude ne sait plus ni qui elle est ni ce qu'elle fait là. En fait, ce qu'Aude a toujours voulu ce n'est pas jouer du violoncelle. 

Aude aurait voulu être un violoncelle. Depuis toujours. Elle aurait voulu être un violoncelle pour qu'enfin il pose ses doigts sur elle.

Alors il aurait travaillé sur elle sans relâche des heures et des années, en allant toujours plus loin, pour se l'approprier, pour la faire vibrer, il aurait recommencé sans cesse avec acharnement jusqu'à trouver le son juste. 

Elle aurait voulu que ça bloque parfois mais qu'il insiste et chasse les doutes, elle aurait voulu qu'il fasse céder les retenues, qu'il trouve le doigté adapté, qu'il la travaille au corps et puis s'arrête, pour savourer les progrès partagés. Elle aurait voulu qu'il la serre entre ses jambes, qu'il glisse les doigts sous sa manche. Alors elle aurait pu poser la tête dans le creux de son cou, dans le secret de sa nuque et elle aurait pu entendre ses inspirations, ses soupirs et ses élans.

Elle aurait voulu être sur scène avec lui, trembler contre lui en pleine lumière, sentir ses mains moites et son coeur qui bat. Elle aurait voulu qu'il l'accorde, qu'il chante avec elle et que dans certains instants de grâce il se laisse absolument allé, porté par la musique. 

Il aurait bien pu bien y avoir autour de lui tous les instruments de l'orchestre, il n'y aurait eu qu'elle (lovée )entre ses cuisses.

 

Posté par GeraldineBlanc à 19:51 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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