"La poursuite du bonheur" est mon premier Douglas Kennedy. 

kennedy

Il est 1h du matin. J'ai fini le livre il y a une heure, et depuis je reste allongée dans mon lit les yeux grand ouverts, les pensées qui défilent. Que peut on faire après avoir lu? 

Qu'est ce que je voudrais faire? Rien finalement. Ouvrir les yeux et laisser les pensées défiler c'est parfait. Laisser les images repasser. Écrire. Me taire. Penser.

D'ailleurs ça me fait penser que j'écris souvent quand je lis. Et puis je me tais.

Il y a longtemps que je ne m'étais pas laissée embarquée à ce point par une fiction.

Habituellement, c'est le verbe qui me retient dans un livre, la musique des mots, les tournures de phrases, les pensées métaphysiques sur les relations humaines ou sur les sentiments. Je lis un peu comme j'écoute des chansons finalement. Mais cette fois, ce qui m'a retenue c'est la mécanique tragique de l'histoire. Je suis émerveillée par le pouvoir de conteur de cet auteur (pouvoir qui me fait encore défaut hélas...)

Bien sur il n'y a pas que l'histoire. Kennedy a un style, percutant, qui happe dès les premières phrases et ne m'a pas lâché jusqu'à la fin. Mais ce n'est pas un style poétique. Il n'y a pas de jeux de mots ou de sonorités, ça ne chante pas. Je n'ai pas eu à corner chaque page lue comme j'en ai l'habitude parce que c'est beau ou parce que ça fait écho ou parce que ça me fait réfléchir. Ce n'est pas de la poésie, ni de la philosophie, c'est du pur roman. Et qu'est-ce que c'est bon! Je ne cherchais rien à retenir, j'avais juste un besoin boulimique de lire. Avancer dans cette histoire dense. L'histoire d'une vie (de plusieurs vies même).

 
Ce qui m'a passionné c'est la force du destin. Ou plutôt non, le fait qu'il n'y ait pas de destin mais seulement des hasards parfois, et d'autres fois des choix. Bons ou mauvais qui peut le dire, mais l'engrenage dans lequel chacun de nos choix nous entraîne est saisissant. Il n'y a rien à en penser, aucune conclusion à en tirer. Il y a juste à vivre ou à survivre, ça dépend des périodes de la vie. Essayer. Se tromper. Faire face. Tomber. Se relever. Trimballer son bagage... Et le personnage de Jack Malone m'a bouleversée.

Sinon, ce livre a la bonne idée d'être un pavé et c'est tant mieux. Ça se lit tout seul. 

J'ai pris conscience aussi du plaisir à nul autre pareil qu'offre la lecture: quand l'émotion nous gagne, on a le pouvoir de la laisser prendre toute la place. Quel luxe que l'on ne trouve ni au cinéma ni en concert. On a le pouvoir d'adapter le rythme, ralentir la lecture, faire monter le plaisir ou la douleur, on peut laisser une page en suspend, se perdre dans une pensée ou un souvenir, relire une phrase, faire une pause, accélérer au contraire. Se laisser submergé totalement avant de reprendre son souffle et sa lecture. Quel bonheur. Il n'y a que le tête à tête d'un livre qui permette cela. 

Maintenant je pars en quête de tous les autres Kennedy (oui, je suis monomaniaque, c'est ainsi, j'en ai déjà parlé ici !). Vous avez des titres à me conseiller? Je lis avec encore plus de saveur les livres que l'ont me conseillent. D'ailleurs celui-ci m'a été mis entre les mains par une amie qui est tombée juste là où il fallait! Merci à elle :)