J'aime Internet. Je participe  -plutôt beaucoup- aux réseaux sociaux. J'avoue!

Facebook, Twitter, Babelio, + les blogs ... 

J'aime observer de loin une part des autres, une part des hommes. La partie émergée de l'iceberg, bien entendu, mais quand même. Il y a un peu de nous dans ce que l'on donne à voir. Les singularités, les excès, les coups de gueule. Les élans spontanés ont pour moi quelque chose d'attachant.

Il y a autant de façons d'être sur la toile que d'êtres vivants derrière leur écran et c'est tant mieux! J'aime cette instantanéité, ces mélanges de genre improbables, ces bribes d'humanité. 

Il y a les contestataires, il y a les rigolos, les réacs, les naîfs, les susceptibles et surtout, il y a les timides. Ces invisibles qui prennent consistance et que l'on rencontre enfin. 

Il y a ceux qui sous-marinent mais n'en loupent pas une miette, ceux qui accaparent tout l'espace et puis les autres. Ceux qui ne sont que de passage.

Il y a ceux qui s'expriment en gardant une distance, ils rebondissent par une pirouette ou un bon mot. Il y a ceux qui se livrent intimement, entièrement, ils se donnent, sans même penser se protéger. Avec excès sans doute, mais j'apprécie la générosité de ces élans-là. Il y a ceux qui partagent les mots des autres pour parler d'eux-mêmes, parce que c'est bien écrit, parce que ça fait écho, parce que ça ramène à l'universel de ce que l'on a enfoui en nous.

Il y a ceux qui affirment haut et fort leurs idéologies, politiques, éducatives, morales. Il y en a d'autres qui sont là pour se faire connaître, parce qu'ils ont fait le pari fou de monter une entreprise, un commerce, un spectacle ou parce qu'ils se sont découvert des talents cachés, une sensibilité particulière qu'ils peuvent partager à loisir.

Il y a les couples qui étalent avec fougue les grands bonheurs des débuts, et puis le temps passant, les statuts se tassent et s'ankylosent pour ne se raviver qu'à l'occasion d'un anniversaire de mariage. Il y a les parents d'enfants en bas âge qui ont enfin à portée de main un lieu où déposer les galères, les fatigues et les émerveillements, de jour comme de nuit ( la nuit occupe un temps certain quand on est un jeune parent ). Il y a les blagounettes, les citations, les parodies, les musiques, les vidéos, les recettes de cuisine, les photos d'artiste. Il y a aussi les photos d'animaux dans des accoutrements pas possibles, les enfants qui grandissent, les voyages au bout du monde, le soleil en hiver, les décalages horaires, les paysages vertigineux et aussi les photos de soi, les filles sexies qui récoltent 59000 j'aime et 200 commentaires "waouh, t canon!" et les autres, les filles moins jolies qui s'en sortent avec un "la photo est superbe", "la robe te va bien" ou "t'es trop mimi". 

Il y a les morts aussi parfois qui gardent une place.

Le virtuel a ceci de magique qu'il abolit les distances. D'ici à l'au-delà, il n'y a pas plus de chemin qu'entre moi et l'ordinateur voisin. La réciprocité en moins. Bien sûr.

Alors voilà, il y a ce que l'on dépose, ce que l'on expose, en connaissance de cause, et puis il y a le retour des gens.

On ne s'en soucie pas parait-il. Mais parfois, les commentaires tombent juste et réchauffent le coeur. C'est impalpable mais c'est une sacré source d'énergie. Parce que dans ces échanges miniatures, dans ces secondes partagées, on sait qu'on a un peu rencontré l'autre. Juste la partie émergée de son iceberg bien sûr, mais quand même...

J'aime Internet.