Il changeait la vie, Goldman
Bonjour à tous,
une petite aparté aujourd'hui pour partager avec vous un p'tit moment précieux comme je les aime.
Une après-midi avec Jean-Pierre. Quoi? Comment? Il a un prénom?? mais non, impossible, on ne dit pas Jean-Pierre, on dit Monsieur Thisse :) même si on a 31 ans!
Monsieur Thisse, c'était mon "maître" en cm1 et en CM2. De ces maîtres charismatiques qui comptent, ceux qui marquent et qui laissent des traces. Ceux qui inspirent. Mon maître et celui de toute ma classe, de tous ces amis qui sont encore auprès de moi aujourd'hui et pour qui le ressenti est le même, je le sais bien, là-haut comme ici bas.
Monsieur Thisse, c'est aussi devenu un "ami", enfin, une personne qui continue à compter au fil du temps qui passe. Et pour l'occasion, et pour le plaisir de partager cette après-midi ensemble, on a sorti la guitare (Monsieur Thisse sans sa guitare? ce ne serait pas monsieur Thisse) et on s'est approchés du piano. La voix n'a pas changé, ni l'humour, ni les yeux qui brillent.
Et pour l'occasion, quoi de plus évident que de lui proposer une chanson de Goldman? (Monsieur Thisse et Goldman, c'est aussi toute une histoire, il y a des choses indissociables comme ça) Pas n'importe quelle chanson bien sûr: "Il changeait la vie". Bah oui parce qu'elle fait partie des chansons évidentes qu'on a envie de partager avec lui. Juste pour lui dire merci pour ces belles années à ses côtés.
Et la boucle est bouclée puisque ce métier qui était le sien est devenu le mien aujourd'hui. La guitare m'accompagne moi aussi, comme par une habitude bien naturelle... et l'envie, et le plaisir...
Pour le côté pratique, on a eu de nombreuses galères techniques avec mon enregistreur qui faisait des siennes. J'ai sauvé la chanson de Goldman, mais pour Mistral Gagnant, il ne me reste que la version mal cadrée, la deuxième prise, qui était bien sûr "hachement" mieux ne répond plus.... le reste a buggué... un peu d'indulgence donc ca reste du bricolage!
Merci Jean-Pierre pour ce p'tit passage par chez nous, et à bientôt "dans ce village dont le nom m'a échappé".... ;)
Mistral gagnant, Renaud (sans décalage son image!)
Dimanche 22 Avril 2012
Bonjour à tous,
deux nouveaux textes cette semaine. Vraiment nouveaux car complètement isolés, hors roman. Des pensées en vrac.
- D'abord des pensées "philosophiques" en ce jour politique... décidément, chaque chose se rejoint dans la réflexion. La politique, l'éducation, les relations humaines... Tout ça c'est un positionnement de soi, dans le monde et avec les autres. Savoir ce que l'on veut et ce que l'on ne veut pas. Affiner sa pensée à mesure que l'on grandit (qui a dit vieillit? non, non, on grandit!)
- Des mots/maux à partager dans: Dévoiler (Être)
Bonne lecture à vous et merci de me suivre :)
A bientôt
Géraldine
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Réfléchir

Déchiffrer. Confronter. Réinventer.
Le rapport au monde, le rapport aux autres. La Politique, l'Education, le hasard. Les choix, les obligations, les prises de décision.
Le Bien, le Mal. Les relations humaines...
Comprendre les mécanismes de chacun. Ce qui est donné à voir et ce qui est caché. Les rouages secrets, le mouvement des pensées.
Lever les incohérences, affiner sa pensée.
Ne pas se complaire dans le formel, dans le convenu. Ne pas se contenter de ce qui se dit. Ce qui est transmis, ce qui est admis. Remettre en question.
Éprouver. Expérimenter. Entrer en communication.
Sans bavardages. Pousser l'Autre dans ses retranchements.
Atteindre son être profond. Aller avec lui là oú il ne va jamais et le laisser m'accompagner là où moi je ne vais jamais. Là où je ne peux aller seule. Là où je ne peux aller qu'avec toi, qu'avec d'autres. Dans ce qui m'échappe de moi, dans ce que je n'atteins jamais. Dans mon altérité.
Donner la main et me laisser emporter. Me laisser regarder, me laisser découvrir.
Laisser l'Autre me toucher. Au cœur de ce que je suis. Au plus intime. Repousser mes limites pour redéfinir mon propre contour. Mon mouvement intérieur.
Pour comprendre le Monde. Pour être en vie.
Pour comprendre l 'infiniment grand et l'infiniment petit. Relier la noirceur à la lumière. Le complexe à l'évidence.
Pour faire sens et rester cohérent.
Trouver son intégrité.
Dévoiler
Lorsque Plume écrit, c’est d'abord par urgente nécessité. Elle s’en détache parce que ça l'engloutit.
Les maux deviennent si grands, si évidents qu’elle ne peut plus rien faire d’autre que les partager. Se dévoiler. Comme on donne un sourire quand on se sent bien.
Elle les donne pour rien. Elle les envoie en un clic. C’est compulsif.
Trop tard, c'est parti.
Elle les envoie pour le plaisir de se laisser lire. Provoquer un sourire, un doute, une émotion.
Ouvrir la porte, ça la délivre. Elle donne un peu d’elle-même, ça la rend plus légère.
Elle tisse un lien et rejoint ses absents. Ces autres qu’elle a quittés. Ces autres qui comptent. Et ceux qu'elle ne connait pas. C’est comme un fil invisible. Comme un secret. Un instant volé à leur quotidien décalé.
Les mots sont tellement mûrs qu’ils se laissent cueillir sans résister. L’encre coule d’elle-même.
Elle les envoie pour rien. Ses mots. Pourtant. Elle se retrouve à nue.
Et la seconde d'après, le vertige.
Elle doute, elle regrette, elle craint le malentendu. Le ridicule. Ses mots sont partis. Des mots perdus qui ne lui appartiennent plus. Ils sont gravés, déposés, recueuillis par d'autres. Encore ici déjà ailleurs. C'est effrayant. C'est excitant. Destabilisant.
Aimer peut-être
Avant je croyais qu'aimer c'était se confondre. Ne faire qu'un et en tirer l'énergie nécessaire pour vivre une vie à deux.
Comme si aimer suffisait.
Comme si aimer protégeait des autres, du monde, du désir. Comme si aimer était une fin en soi. Un but à atteindre. Un état originel.
Aujourd'hui je comprends qu'aimer c'est rester soi.
Adorer l'autre pour ce qu'il est. De maniere inconditionnelle. Pour cette liberté au fond de lui qui ne nous appartient pas mais qui nous fascine. Qui nous fait comprendre qu'aimer c'est être deux. Deux êtres distincts.
Tu me regardes et tu m'echappes.
Tu m'aimes et tu en aimes d'autres, autrement.
Tu me sers dans tes bras et ton esprit reste un mystère.
Tu m'embrasses ou tu ne m'embrasses pas.
Tu me dis oui et aussi tu me dis non.
Tu m'aimes pour mes fêlures et tu m'emportes ailleurs.
Tu t'abandonnes à moi pour mieux te retrouver.
Tu me déshabilles si je t'autorise.
Tu comprends que mon corps n'est pas le tien, que mon esprit est ailleurs, que mes élans sont complexes.
Tu accueilles cette altérité et tu la préserves, tu la chéris parce qu'elle te ramène à la tienne.
Tu perçois mes troubles sans les accaparer. Tu sais qu'ils m'appartiennent. Tu les laisses venir jusqu'à toi, se dévoiler, se dévêtir.
Tu es là et tu n'es pas là.
Et dans ton absence, ton aura perdure en moi, m'enveloppe et m'accompagne.
Aimer c'est toujours un peut-être.
Amoureuse, Véronique Sanson
Cette chanson-là c'est pour télérama http://wizzz.telerama.fr/ateliersanson
A l'occasion des 40 ans du premier album de Sanson, Amoureuse, Jeanne Chéral le reprend intégralement.
C'est vrai que c'est un album simple, équilibré, concentré. Cette chanson m'accompagne depuis longtemps, elle est aussi difficile qu'agréable à chanter. Elle est sensible, elle est légère, elle est technique et aussi émouvante.
Il reste encore le mois d'avril pour envoyer la chanson, je vais continuer de la travailler pour la paufiner.
Bonne journée :)
Géraldine
Dimanche 25 mars 2012
La semaine fut ensoleillée, je me suis peu penchée sur mon ordi :) mais j'ai bien avancé sur mon manuscrit. Un crayon, un papier, ça se trimballe n'importe où!
Un nouveau texte sur mon blog, extrait de mon roman:
- Sourire (être)
Et tous les anciens textes à revisiter bien sûr ... :)
Bonne fin de journée à vous! Chez nous le dimanche fut barbecuté, quel bonheur de retrouver un goût d'été!
A bientôt
Géraldine
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Sourire
J’attendais, seule au milieu de tous ces autres.
C'est là que je me sens bien. Au milieu et ailleurs.
Observer, écouter. Me laisser bercer, en retrait, me soustraire à la réalité.
On dit que les yeux sont le reflet de l’âme. C’est mon sourire qui joue ce rôle-là. Discret, insistant.
Comme une porte intérieure. Comme une serrure. Il brouille les pistes et verrouille l'accès aux mouvements de mes pensées. Dernière défense face à un trop plein d'émotion.
Sourire réflexe, comme une protection. Sourire gêné, comme une retenue. Sourire qui dissimule, en silence. Sourire qui s’excuse, qui m’excuse d’exister.
Candeur ? Naïveté ? Impertinence ou suffisance ? Parfois faiblesse. Pire, inconsistance ? Chacun y voit ce qu’il veut y voir. J’ignore ce qui se dégage de moi. Et je déteste les étiquettes, les conclusions hâtives. Tout ce qui fige. Tout ce qui balaye ma complexité.
Pourtant, qui ferait l’effort de venir jusqu’à moi ?
Pour savoir qui je suis, pour découvrir mon chaos et accéder à mes paradoxes.
J'espérais quelqu'un qui reconnaitrait mon sourire. Qui le décoderait, qui le manipulerait, qui le désarmerait. Qui lirait en moi comme dans un livre. Sans se laisser berner par mes épines. Quelqu'un qui protégerait mes incohérences et mes fragilités. Et m'emplirait ainsi de la confiance qui me faisait défaut.
Dimanche 18 mars 2012
Bonjour à tous!
Bienvenue au rendez-vous du dimanche :)
J'ai repris mon manuscrit avec beaucoup d'idées et beaucoup d'envies. Et surtout avec du recul :) Depuis, j'écris, je réécris et j'adore ça!
Cette semaine sur le blog deux nouveaux textes extraits du roman:
- Lâcher prise (aimer)
- Catharsis (petites douceurs/petites douleurs)
Et une nouvelle chanson
- I was here, de Renan Luce (jouer)
Et j'ai eu envie aussi de mettre en ligne mes ptits personnages que je gribouille en même temps que j'écris. Je ne sais pas écrire sans griffoner. Je vais les déposer en même temps que les textes, c'est encore une autre facette de mes inspirations.
Bonne lecture à vous et merci de me suivre,
à bientôt
Géraldine
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Lâcher prise
La nuit était tombée. Je prolongeais la dernière cigarette au pied de mon immeuble, gagnant quelques minutes encore. Il y avait cette porte à ouvrir puis à refermer entre nous. Et moi j'aurais préféré te garder avec moi, te faire entrer dans mon univers. Refermer la poignée à tes côtés.
Alors j'ai proposé un dernier verre. Et tu as accepté.
Tu es monté là-haut derrière moi. Nous avons fait le tour de mon appartement.
Je m'arrêtais sur la vue au dehors, devant la fenêtre grande ouverte. Le silence s'installait : « Tu as grandi. Tu es jolie. »
Tu as pris ma main, tu m'as attirée tout contre toi et tu m'as embrassée.
Et cette fois enfin, j'ai su m'abandonner. Je n'avais plus peur. Cette attente n'avait pas été vaine. Tu étais là, devant moi, avec moi. Et ton baiser achevait de me libérer. Simplement.
Je pouvais baisser la garde. J'avais grandi et toi tu étais libre. Enfin. Et de retour. Je n'avais plus à cacher mes mots. Je pouvais les partager.
Tu m'as entraîné sur le matelas posé à même le sol. L'un contre l'autre. Jusqu'à ce que nous ne puissions plus ni parler, ni écouter. Les mots ne suffisaient plus. Il n'y avait plus rien pour combler ou bavarder. Nous savions tous deux qu'il ne restait plus qu'à se toucher, soit se quitter.
Mon cœur battait à tout rompre. Le trouble m'envahissait, me submergeait.
Tes mains ont pris la parole. Et je me suis laissé entraîner. Renversée par l'émotion.
Soupirs intenses, étreintes charnelles, sourires amusés. Les doigts qui s'arrêtent sur le visage tant aimé pour soutenir le regard et réaliser le miracle de l'instant présent.
Je te découvrais. Je bénissais les étoiles, l'univers et le Dieu auquel je ne croyais pas de m'avoir redéposée sur ton chemin. Pourquoi ? Pourquoi ce tumulte avec toi et pas avec les autres?
Ces sensations étranges, inconnues, me bousculaient jusqu'à l'ivresse. Je chavirais douloureusement. Noyée, dans l'immensité. Mon corps en vrac jusqu'à l'envie de vomir parfois. Et les mots des grands auteurs qui défilaient en boucle dans ma tête pour tenter de réaliser, pour dompter autant que possible ce chamboulement inouï.
Tes doigts découvraient ma peau pour la première fois et ma confiance était absolue. Ni peur de toi, ni peur de moi. Ni honte. J'aimais ces mains, massives, franches. Leur magnétisme, leur certitude. J'aimais ton souffle, tes inspirations, tes étreintes passionnées. À se frôler, à se masser, à s'enlacer tendrement. Je me sentais en sécurité, respectée. Tout contre toi. Nos caresses comme un échange.
Au petit matin, je suis partie sans un bruit, je t'ai laissé dormir. J'ai marché dans Paris. Besoin de sentir cette force en moi, la vie en moi. Avant de m'engouffrer dans le métro.


